Tim Willocks – La religion

 

Quatrième de couverture :

Mai 1565. Malte. Le conflit entre islam et chrétienté bat son plein. Soliman le Magnifique, sultan des Ottomans, a déclaré la guerre sainte à ses ennemis jurés, les chevaliers de l’ordre de Malte. Militaires aguerris, proches des templiers, ceux-ci désignent leur communauté sous le vocable de « la Religion ». Alors qu’un inquisiteur, arrive à Malte afin de restaurer le contrôle papal sur l’ordre, l’armada ottomane s’approche de l’archipel. C’est le début d’un des sièges les plus spectaculaires et les plus durs de toute l’histoire militaire. Dans ce contexte mouvementé, Matthias Tanhauser, mercenaire et marchand d’armes, d’épices et d’opium, accepte d’aider une comtesse française, Carla La Penautier, dans une quête périlleuse. Pour la mener à bien, ils devront affronter les intégrismes de tous bords, dénouer des intrigues politiques et religieuses, et percer des secrets bien gardés.

Mon avis :

Il m’aura fallu à peine plus de deux semaines pour venir à bout de ce mastodonte de la littérature. Mastodonte : voici un mot qu’on utilise pas souvent. Pourtant, c’est ce qui caractérise ce livre excellent de 850 pages. La Religion a déjà été chroniqué sur plusieurs blogs et couvertes d’éloges, la mienne ne fera rajouter qu’une voix à l’affirmation que ce livre est un chef d’œuvre.

Je n’avais pas encore fini le livre que je savais qu’il avait déjà droit à sa place dans mon palmarès du meilleur de mes lectures en 2009 voire au delà.
Jamais le roman historique ne m’a attirée, le moyen-âge ou la renaissance n’étant pas des périodes historiques que j’affectionne particulièrement.  Il aura fallu la lecture de Bad City Blues du même auteur et les quelques autres chroniques de La Religion pour m’avouer convaincue.
Revenons à l’histoire. 1565, le sultan Soliman le Magnifique déclare la guerre aux chevaliers de l’ordre de Malte. Ici débute un des plus grands sièges que l’Histoire ait connu. Dans le même temps, un allemand du nom de Mathias Tannhauser – accompagné d’un anglais assez brut, du nom de Bors, se voit confier une mission périlleuse. Retrouver à Malte le fils d’une comtesse que cette dernière n’a pas vu depuis le jour de son accouchement. Rajoutez un inquisiteur qui vient mettre son nez là dedans et aurez tous les éléments principaux de l’intrigue.Dès les premières lignes, on est absorbé par le livre. Le prologue, en quelque pages nous fait découvrir le personnage principal d’une manière qui fait qu’on s’y attache directement. Tim Willocks racontant  l’histoire du point de vue de tous les personnages, les personnages sont tous très fouillées et on ne peut que s’y attacher. Qu’ils s’agissent de Mathias – qui entre les chrétiens et les musulmans ne choisit son camp selon ses arrangements ou Amparo – jeune fille à la beauté asymétrique qui semble toujours au dessus de l’horreur de la guerre.
La guerre. Elle occupe une très grande part dans ce livre, où elle est montrée dans toute son horreur. Les têtes sont décapitées, les entrailles gisent sur le sol, les corps hachés menues et les agonisants meurent dans la merde et dans le sang de leur compatriotes et ennemis. Et puis au milieu de ces déchets, il y a de l’amour qui amène des pages de tendresse magnifique.Enfin, dans ce livre, il y a l’écriture. Une écriture magnifique. Bien que je sois une lectrice plutôt assidue, je n’ai jamais été bonne en cours de français, mais je pense que ce genre d’écriture est ce que l’on qualifie d’épique. Si dans Bad City Blues, le style était plus brut, plus haché. Dans La religion, il est mélodique.

Mais n’oublions pas que malgré son écriture magnifique, La Religion est avant tout un roman noir. Certes historique, mais noir également. Je me suis demandée où mettre ce livre dans les catégories. Tout d’abord, l’idée m’est venue de le mettre dans polars britanniques ou irlandais. Mais finalement non, il ira dans les romans. Ce livre est tellement bon qu’il ne mérite pas de rester dans une catégorie « policiers ». Tout le monde devrait lire La Religion qu’on aime les polars ou pas.

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