Laurent Gaudé – La porte des enfers

Couverture La porte des enfers

 Titre : La porte des enfers

  Auteur : Laurent Gaudé

  Edition : Babel (2010)

 Genre : Contemporain, Fantastique

 

 Quatrième de couverture :

Au lendemain d’une fusillade à Naples, Matteo voit s’effondrer toute raison d’être : son petit garçon est mort. Nuit après nuit, à bord de son taxi vide, il s’enfonce dans la solitude et parcourt au hasard les rues de la ville. Un soir, dans un minuscule café, il fait la connaissance du patron, Garibaldo, de l’impénitent curé don Mazerotti, et surtout du professeur Provolone, personnage haut en couleur, aussi érudit que sulfureux, qui tient d’étranges discours sur la réalité des Enfers. Et qui prétend qu’on peut y descendre…

Ceux qui meurent emmènent dans l’Au-Delà un peu de notre vie, et nous désespérons de la recouvrer, tant pour eux-mêmes que pour apaiser notre douleur. C’est dans la conscience de tous les deuils – les siens, les nôtres – que Laurent Gaudé oppose à la mort un des mythes les plus forts de l’histoire de l’humanité. Solaire et ténébreux, captivant et haletant, La Porte des Enfers nous emporte dans un « voyage » où le temps et le destin sont détournés par la volonté d’arracher un être au néant.

Mon avis :

Je ne connaissais pas le livre ni l’auteur avant de tomber dessus par hasard en librairie. La quatrième de couverture m’a tout de suite captivée et c’est l’avis de Shanaa qui m’aura décidé. J’ai toutefois garder ce livre dans ma PAL pendant quelques mois, de peur de ne pas être prête à le lire.

Laurent Gaudé nous livre un livre fort et poignant, émouvant sans jamais tomber dans le larmoyant cul-cul. L’écriture de Laurent Gaudé s’adapte parfaitement aux sentiments des personnages et les mots qu’ils utilisent pour exprimer le chagrin lié à la perte d’un proche sont ceux que je pourrai moi-même dire et je pense qu’il en serait de même pour les lecteurs dans le même cas.

J’ai beaucoup aimé les personnages. L’auteur a crée une galerie de personnages tout aussi excentriques et originaux les uns des autres et on s’attache à tous. Il y  aussi un personnage auquel on ne pense pas forcément de suite. Il s’agit de Naples, la ville qui à mon avis joue un rôle aussi important que d’autres.

Côté narration, c’est plutôt original. D’un côté, l’histoire nous est narrée en 1980 du point de vue de David ou de sa femme Giuliana et de l’autre, elle nous est narrée du point de vue de Pippo en 2002. Ainsi tout au fil du roman, le lecteur se demande comment Pippo va revenir des Enfers. Avec des chapitres courts et cette alternance des époques, vous avez tous les éléments pour entretenir un suspense qui fait tourner les pages assez vite.

Concernant les Enfers, il faut les comprendre dans le sens gréco-romain-romain du sens et de plus, Laurent Gaudé n’invente rien de nouveau car il s’inspire de l’Enfer de Dante. Néanmoins, pas besoin d’originalité, car ça fonctionne vraiment très bien.

Après, si j’ai mis 5 étoiles et non un coup de cœur, c’est tout simplement parce que les enfers représentés sont très sombres, il n’y a aucun espoir à attendre en retour et c’est même très angoissant. C’est totalement subjectif mais en ce qui concerne nos proches décédés, on n’aimerait vraiment pas qu’il se trouve au milieu des goules ou des âmes en pleurs. Voilà pourquoi ce livre n’est pas un coup de cœur, mais c’est quand même une excellente lecture que je conseille à tous.

Un extrait pour la route :

« Vous avez déjà perdu quelqu’un de proche ? » demanda Provolone.

(…)

« Vous n’avez jamais l’impression que ces êtres-là vivent en vous ? … Vraiment … Qu’ils ont déposé en vous quelque chose qui ne disparaitra que lorsque vous mourrez vous-mêmes ? … Des gestes … Une façon de parler ou de penser … Une fidelité à certaines choses et à certains lieux … Croyez-moi. Les morts vivent. Ils nous font faire des choses. Ils influent sur nos décisions. Ils nous forcent. Ils nous façonnent.

– Oui, répondit Grace avec amertume. Quand il y a encore quelque chose à façonner …

– Exactement, s’exclama le professore avec jubilation. C’est l’autre aspect de la porosité des deux mondes. Nous ne sommes parfois plus si vivants que cela. En disparaissant, les morts emportent un peu de nous-mêmes. Chaque deuil nous tue. Nous en avons tous fait l’expérience. Il y a une joie, une fraicheur qui s’estompe au fur et à mesure que les deuils s’accumulent … Nous mourrons chaque fois un peu plus en perdant ceux qui nous entourent … »

D’autres avis :

Logo Livraddict

https://i0.wp.com/i128.photobucket.com/albums/p181/jesshalliwell/challengelivraddict2011moyen.jpg Lu dans le cadre du Big Challenge Livraddict 2011. 4/10 livres lus.

Publicités

6 réflexions sur “Laurent Gaudé – La porte des enfers

  1. Je viens de finir Ouragan de Laurent Gaudé et j’ai adoré ! Je ne connaissais pas la Porte des enfers mais je vais peut être me laisser tenter !

  2. J’ai beaucoup aimé l’univers de ce livre : on s’y croirait vraiment ! Tout droit sorti d’un reportage qui se veux « choc » sur le sud de l’Italie…
    Je crois que le pire dans le livre c’est que les personnages sont crédibles et que leur histoire est horrible : le « ça n’arrive qu’aux autres » est assez difficile à dire ici, parce que ce sont des situations dont on a peur, mais on sait forcément que la mort d’un proche finira par arriver à un moment où à un autre…
    C’est vraiment un livre à lire !

  3. J’ai beaucoup entendu parler de ce roman et j’avoue qu’il m’intrigue de plus en plus. Je crois que je vais me laisser tenter.

Faire serment d'allégeance

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s