Stephen Orr – Le temps n’efface rien

 

 Quatrième de couverture :

A neuf ans, Henry est un garçon solitaire ; son pied bot l’empêche de partager les jeux des enfants de son âge. Cet été-là, comme à son habitude, il reste dans sa chambre, lit beaucoup et ne fréquente que sa jeune voisine, Janice. Le jour de la fête nationale, elle lui propose de l’accompagner à la plage avec son frère et sa sœur. Henry, complexé, refuse. Les quatre enfants ne se reverront jamais.

 

Mon avis :

tresbonnelecture

Pour la première édition du challenge Loufoque et Aléatoire initié par Florel et repris à partir de la prochaine édition par Tigrou4145, j’ai décidé de choisir le thème de l’auteur vivant sur une île et plus particulièrement l’Australie.

 Le temps n’efface rien se passe donc en Australie au début des années 60 et plus particulièrement à Adelaide.

La première moitié du roman est l’occasion pour le lecteur de découvrir le narrateur, ses parents, ses voisins mais surtout la vie de quartier.Stephen Orr commence donc par nous décrire la vie  d’un quartier paisible, un quartier où il ne se passe rien de dangereux, où les enfants jouent au cricket dans la rue, où les voisins se retrouvent le soir pour boire un verre, où les riverains vont tous ensemble à l’église en plein air … Toutefois, même si le drame annoncé dans la quatrième de couverture n’arrive qu’à la moitié du roman, tout n’est pas rose dans le quartier. Tensions conjugales, attachement plus fort que la normale …

Puis les enfants Riley disparaissent comme par magie et que ce soit dans la réalité (l’auteur s’est inspiré de la disparition des enfants Beaumont) ou dans la fiction, personne ne les retrouvera. J’avoue que ce roman m’a touchée à plusieurs reprises, je me suis posée beaucoup de questions : le deuil peut-il être possible quand on n’a pas de preuve tangible de la mort de l’être aimé, comment des parents réagissent ? Je ne parle pas de la mort d’un enfant mais plus fait de ne pas savoir où se trouve ce dernier, de ne pas savoir s’il est vivant ou mort et si c’est le cas, de ne pas savoir si l’enfant a souffert et/ou peur. A mesure que je lisais le livre, c’est l’interrogation qui me venait le plus souvent à l’esprit. Le temps n’efface rien est un roman qui peut toucher un large public mais je pense que ceux qui se sentiront le plus concernés sont justement les parents.

Stephen Orr a pris le parti de choisir un narrateur « extérieur » au drame. Certes, Henry n’est pas « extérieur » du tout, vu que Janice était sa meilleure amie mais nous n’avons pas les ressenti de la mère ou du père de Janice, Anna et Gavin. Je peux comprendre ce choix de la part de l’auteur dans la mesure où il est sûrement très difficile d’imaginer la souffrance des parents mais d’un autre côté, j’ai eu l’impression d’être parfois étrangère à la détresse des parents. De l’extérieur, ils tiennent le coup mais de l’intérieur ?

Pour conclure, Le temps n’efface rien est une très bonne découverte. L’auteur nous dresse un portrait de l’Australie des années 60 où les femmes ont besoin d’indépendance, où la modernité va prendre le pas sur la tradition, où la souffrance des uns devient la souffrance de tous. Le thème me parlait personnellement mais je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’avoir eu à faire face à un deuil ou une disparition pour apprécier et être touché par ce roman.

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