Neal Shusterman – Les fragmentés

Quatrième de couverture :

Dans une société traumatisée par la Seconde Guerre civile, la charte de la vie vient d’être signée. Elle stipule que l’on peut « fragmenter » un adolescent âgé de treize à dix-huit ans. La fragmentation consiste à « résilier » un enfant rétroactivement sans y mettre techniquement fin.

Connor, Risa et Lev se retrouvent tous les trois sur la liste fatale. Leur seule échappatoire : fuir, se cacher, survivre alors qu’ils sont traqués par les Frags, la police des fragmentés.

Thriller d’anticipation original et rythmé, ce roman initiatique de Neal Shusterman propose une réflexion intelligente sur l’indépendance et la quête de soi.

Mon avis :

La société dans laquelle vivent Connor, Risa et Lev est une société profondément changée par les conséquences de la Seconde Guerre Civile qui a opposé les pro-vie et les pro-choix. Pour éviter que tout ce petit monde ne s’entretue, le concept de fragmentation a été mis au point. Votre enfant vous cause trop de problèmes, vous déçoit ? Hop, on le fragmente.

Il est surprenant de voir comment cette pratique est acceptée dans la société de notre héros et est devenu banale. Vous êtes atteint d’un cancer des poumons ? On vous les remplace. Si vous êtes riche, vous pourrez avoir ceux d’un adolescent sportif, sinon, il faudra se contenter des poumons d’un asthmatique. Vous êtes en bonne santé ? Pas de souci, vous pouvez avoir les yeux bleus, des cheveux fins et blonds, de nouvelles dents, des mains plus fines  … Votre corps ne vous plait pas ? Vous pouvez vous en payer un autre puisque 99% des Fragmentés est réutilisés. Tout ceci vous fait penser aux dons d’organes ? Pas exactement. D’abord, parce qu’il n’y a pas vraiment don de la part des adolescent et que pour cette société, la fragmentation n’est pas la fin de la vie mais un changement de forme de celle-ci. C’est là qu’on touche à l’un des principaux thèmes du roman. A partir de quand commence notre vie ? A t’on une âme et si oui, est-ce qu’elle vit toujours si notre corps est dispersé. Suivant nos croyances et convictions, nous avons une réponse différente à donner à ces questions.

En ce qui me concerne, je pense que la vie commence au moment de notre naissance mais d’autres peuvent penser que la vie d’un être commence dès la grossesse où les futurs parents attendent avec joie et crainte l’enfant. Quand au fait d’avoir une âme, j’en sais rien. On en reparlera quand j’aurais vu le tunnel blanc (ou pas).^^ Bref, pour moi, la fragmentation était synonyme de mort et de voir tous ses parents envoyer leurs enfants se faire fragmentés étaient une chose innaceptable et révoltante. Comment des parents pouvaient accepter d’oublier 13 années de leurs vies, comment peuvent-ils refuser que leurs enfants ne soient pas comme ils le désirent ? Hum, on me fait dire que ça existe déjà ça … au moins, la fragmentation n’existe pas, elle. ^^
Pour résumer la société imaginée par Neal Shutersman, je dirais que c’est une société où l’adolescent (de 13 à 18 ans) est un être vivant en sursis, un être qui doit faire ses preuves sous peine d’être fragmenté ou découper en morceau sur une table d’opération, c’est également une société qui ne sait plus soigner puisqu’elle remplace les parties du corps qui sont dysfonctionnelles. Côté contexte sociétal, l’auteur mérite un chapeau bas.
Rien qu’avec ce contexte et les thèmes abordés, ce roman possède un fort potentiel mais ce n’est pas tout. Côté intrigue, l’auteur alterne très bien moments riches en actions et ceux qui le sont un peu moins et cela donne pour résultat  un rythme idéal. Suffisamment de rebondissements, de retournement de situation pour créer du suspense et suffisament de moments « calmes » pour mieux en apprendre sur les personnages et sur le contexte, ce qui est à mon sens, la balance idéale puisqu’on ne s’ennuie pas et qu’on sent que le roman a une forte base. (A mon avis, les romans où tout se passe à 200 à l’heure, où chaque révélation est suivi d’un retournement de situation, où les héros ne soufflent jamais -au sens propre- ont quelque chose à cacher comme un manque de profondeur ou de personnages approfondis, ce qui n’est pas le cas ici.)
Côté personnages, j’ai trouvé que les trois personnages principaux étaient traités à part égales, avaient chacun leur personnalité bien définie et surtout leur évolution. Toutefois, j’ai un peu trouvé que le choix des personnages étaient un peu cliché. On a le garçon rebelle out-sider, la fille mature et intelligente, le garçon effacé et timide ou encore celui obsédé par le pouvoir. Je tique là dessus maintenant en écrivant ma chronique, où je me rends compte que ce n’est pas ma première fois que je rencontre ces types de profils dans des livres jeunesses mais je vous assure que ça ne m’a pas du tout gênée pendant ma lecture.
Pour conclure, les Fragmentés est probablement ce qui se fait de mieux comme dystopie jeunesse et a tout pour devenir un classique du genre pour jeunes et moins jeunes. Un rythme maitrisé, des personnages attachants, un contexte aussi intéressant qu’indignant, des réflexions intéressantes, que demander de plus ? Que le tome 2 ne mettent pas trop longtemps à sortir en poche.

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4 réflexions sur “Neal Shusterman – Les fragmentés

  1. Wow j’étais passée à côté de cette dystopie ! Mais ce sera réparé ..! Elle a l’air vraiment superbe, merci pour la découverte et pour ton avis !

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