Sarah Cohen Scali – Max

 

Quatrième de couverture :

« 19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Fürher. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l’on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais régnera en maître sur le monde. Je suis l’enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans loi. Sans rien d’autre que la force et la rage. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d’aimer. Heil Hitler ! »Max est le prototype parfait du programme « Lebensborn » initié par Himmler. Des femmes sélectionnées par les nazis mettent au monde de purs représentants de la race aryenne, jeunesse idéale destinée à régénérer l’Allemagne puis l’Europe occupée par le Reich.

 

Mon avis :

tresbonnelecture

De la période entourant la seconde Guerre Mondiale, il y a des tonnes de sujets à traiter. De la montée du nazisme et de l’antisémitisme en Europe, de la vie quotidienne en Allemagne pendant la Guerre, en passant par les millions de victimes envoyés dans les camps de concentration et goulags, les idées de thème ne manquent vraiment pas. Dans Max, Sarah Cohen Scali s’attaque au sujet mystérieux des Lebensborn.


Ce programme que l’on peut traduire par « fontaines de vie » a réellement existé et fut mis en place par Heinrich Himmler le 12 décembre 1935. Des enfants possédant les caractéristiques physiques de la race aryenne étaient mis au monde et élevés comme pupille de la nation, mais ce fut aussi des milliers d’enfants venant des pays étrangers ayant ces caractéristiques physiques qui furent enlevés à leur famille pour être placés dans les centres de Lebensborn et y être germanisés. En France, à Lamorlaye (Oise), un centre fut ouvert de février à aout 1944. Derrière ces centres, il y avait bien entendu l’idée de créer une élite de nation, de créer des personnes conditionnés au nationalisme-socialisme dès le plus jeune âge, de créer des gens qui donneraient leur vie pour le Reich et le Fürher.
Max est justement une de ces personnes. Nous faisons sa rencontre alors qu’il n’est encore qu’un fœtus qui va naitre dans quelques heures et nous le suivrons jusqu’en 1945. L’idée d’avoir un fœtus, puis un bébé et enfin un enfant peut sembler incongrue mais le résultat est vraiment réussi et même s’il dispose d’une conscience « active » dès le début, les souvenirs disparaissent ou sont altérés avec les mois et les années.
Max voit donc le jour le 20 avril 1936 (date d’anniversaire d’Adolf HItler) et malgré qu’il ne soit qu’un bébé, il est convaincu que  l’idéologie nazie est celle qui faut pour son pays. Max est raciste, antisémite, homophobe, persuadé que le Reich durera 1000 ans et que son but est de servir sa mère (l’Allemagne) et son père (Hitler). Pendant une bonne partie du roman, Max ne se demande à aucun moment si ces idées sont bonnes ou pas, il ne les mets pas en doute. Elles font parties de lui depuis sa conception aussi sûrement que son patrimoine génétique. Mais malgré ses convictions, Max est un personnage attachant.
Max est un roman assez difficile à lâcher bien qu’il soit dur et assez noir et c’est principalement dû au décalage entre la vision d’un enfant qui manque de réflexion et sa narration « adulte ». Quand il nous parle de ces femmes qu’on a « réinstallées » parce qu’elle ne correspondaient pas aux critères de la race nordique, qu’il nous explique que « réinstallées » est un code signifiant « exterminées », Max a t-il vraiment pleinement conscience de la signification de ce mot, des conséquences ? C’est comme quand un enfant de 3/4 ans va apercevoir un animal mort sur le bord de la route, il comprend que l’animal est mort mais comprend-il vraiment le sens de la Mort ? Ce décalage entre les mots employés avec désinvolture et leur signification que nous connaissons nous plonge dans un malaise certain.
Puis, Max fera la rencontre de Lukas et comme les discours du Furher ont petit à petit convaincus les Allemands (mais pas tous, hein !) de la nécessité du nazisme, la compagnie de Lukas sera accompagnée des premiers doutes de Max mais attention, ne vous attendez pas à quelque chose du genre « je renie mes idées, elles sont mauvaises et l’ont toujours été ». Le chemin sera difficile pour Max et si le livre s’arrête en 1945, il aurait pu continuer sans peine.
Même si Max est un roman dur, effroyable par moment, il devrait faire partie des livres qu’on devrait faire lire à l’école (mais à partir de 14/15 ans) afin de faire prendre conscience des multiples facettes de cette sombre période de l’Histoire.

 

D’autres avis :

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Pour info, le livre sort en poche le 10 avril. 🙂

 

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7 réflexions sur “Sarah Cohen Scali – Max

  1. Un exploit, ce livre! 😀 J’espère qu’il séduira plein de nouveaux lecteurs en poche. Et si seulement les libraires pouvaient mettre une pile au rayon adulte aussi.

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