Gary Jennings – Azteca

 

Quatrième de couverture :

Azteca raconte la légende colorée et puissante d’une civilisation qui s’épanouit pendant de longs siècles dans un isolement splendide. Ce monde éclatant, et pourtant condamné, c’est un homme, Mixtli, dit Nuage Sombre, qui le décrit, dans un récit bouleversant, mouvementé, riche de la beauté et de la violence qui caractérisaient le Mexique ancien. Ce grand roman historique rempli de sang, d’amour et de sexe est aussi l’aventure et le destin exceptionnel d’un homme qui assiste à la disparition d’un monde fabuleux, somptueux de tabous et de trésors, traversé de secrets et de terreurs que parcourent des personnages inoubliables.

 

Mon avis :

lectureagreable

Il y a 3 semaines, je me suis posée devant ma PAL papier en me disant que ça serait pas mal qu’en 2015, je lises au moins un des gros pavés. J’avais le choix entre 4 livres mais c’est Azteca de Gary Jennings qui a emporté ma curiosité. Toutefois avant de commencer ce roman, j’ai été surprise d’apprendre que le règne des Aztèques a duré bien peu de temps en réalité (environ 3 siècles), ce qui ne les a pas empêchés d’atteindre un excellent niveau de civilisation. Aussi, j’aurais aimé que l’auteur partage une liste de ses sources. J’ai pu voir qu’une partie des sources que nous avons sur cette civilisation provenaient d’autochtones mais une grande partie provient aussi des conquistadores et des prêtres espagnols or je ne pense pas que ces sources là soient celles qui ont le plus de recul et surtout d’objectivité. 😉 Petite aparté : si les Vikings ont eu pendant longtemps (et ont encore pour certains) une réputation de barbares et de pillards, c’est justement parce que les témoignages que nous avions d’eux étaient des témoignage chrétiens qui non seulement étaient victime des raids mais qui (et surtout) ne comprenaient pas une autre société que la leur.

La trame du roman se base sur une série d’entretien entre le narrateur et des scribes du clergé espagnol chargés de consigner par écrit, l’histoire de Mixtli et d’une soixantaine d’année de sa civilisation. Entre chaque parties, nous assistons aux lettres de l’arche-évèque Zurramaga à l’empereur Charles Quint. Ces passages sont tout simplement révoltant à lire car on y voit le mépris qu’a cet homme et ses pairs pour une civilisation différente de la leur. On ne peut nier que beaucoup de choses racontées par Mixtli (sacrifices humains, inceste, etc …) soit difficile à lire. Toutefois, j’ai trouvé encore plus navrant que les espagnols se centrent sur ces choses et oublie le positif de ces récits. Il y a des scènes assez dégoutantes, beaucoup de combats mais Azteca n’est pas une surenchère de gore et de sexe, loin de là. Mixtli veut dépeindre son peuple et il n’oublie pas ce qui en constitue le meilleur. J’aimerais vraiment voir des reconstitutions car les descriptions des manteaux confectionnés avec des plumes ou encore de la ville de Tenochtitlan nous donnent l’idée d’habits somptueux et d’une architecture magnifique. Parmi les personnages, il y a ceux de Béu et de celui d’un esclave dont j’ai beaucoup aimé les destins qui ont su me toucher.

Toutefois, je ne me sens pas hyper enthousiaste vis à vis de ce livre. D’abord, je ne me suis réellement pas attachée au narrateur. Bien qu’il soit plutôt malin, cynique, il ne m’a pas impressionné. A vouloir dépeindre toute une civilisation, je pense que l’auteur aurait dû adapter un point de vue multiple pour les personnages. On aurait pu avoir le point de vue de Mixtli mais aussi celui d’un esclave, d’un membre de la noblesse, d’un guerrier, de une ou plusieurs femmes, etc … Tous ces points de vue n’aurait pas eu besoin d’être traités de façon égale mais je pense qu’un tel traitement des personnages aurait permis au lecteur d’avoir une vision plus large et juste de la civilisation aztèque et surtout aurait été plus crédible.  Le fait que tout arrive à Mixtli m’a semblé improbable et certaines situations semblent sortir tout droit d’un Deus-ex-machina. Par exemple, lors d’un voyage, le narrateur se fait attaquer par des brigands et se voit voler ses biens. Quelques mois plus tard, sur le chemin de retour, il s’arrête dans une ville voisine et croise tout à faire par hasard ses deux amis les plus chers, qui ont croisé les brigands en question, récupéré les biens du narrateur. Là, vous me dites que le hasard, ça a du bon, sauf que là où j’ai trouvé que l’auteur se foutait un peu de notre gueule, c’est quand on apprend justement que les deux amis ont justement sur eux le bien perdu le plus important pour le narrateur. Comme c’est pratique …

Au niveau du rythme de l’histoire, bien que j’ai lu les 400 dernières pages assez vite, il y a des moments sur les 1050 pages où je me suis ennuyée.

En conclusion, Azteca est à la fois un roman curieux et fascinant mais dont le traitement des personnages aurait pu être fait de façon à être plus varié et partir moins dans le « le destin de mon personnage est unique au monde ».

D’autres avis :

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Une réflexion sur “Gary Jennings – Azteca

  1. Je l’avais lu en rentrant de vacances au Mexique, il y a 11 ans et j’avais beaucoup aimé, même si je ne m’en rappelle plus trop maintenant (mais ta chronique me le remet bien en mémoire). J’ai dû le lire en deux tomes car je ne me souviens plus qu’il faisait 1000 pages !

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