Valentine Goby – Kinderzimmer

Quatrième de couverture :

“Je vais te faire embaucher au Betrieb. La couture, c’est mieux pour toi. Le rythme est soutenu mais tu es assise. D’accord ?
– Je ne sais pas.
– Si tu dis oui c’est notre enfant. Le tien et le mien. Et je te laisserai pas.
Mila se retourne :
– Pourquoi tu fais ça ? Qu’est-ce que tu veux ?
– La même chose que toi. Une raison de vivre.”

Mon avis :

tresbonnelecture

Kinderzimmer est l’histoire de Suzanne ou Mila et de sa déportation au début de l’année 1944 dans le camp de concentration de Ravensbruck. Dès les premières pages du livre, j’ai dû m’habituer à l’écriture déroutante de l’auteur.

Ce n’est pas une belle écriture, ce n’est pas son but d’être belle. Le lyrisme et les envolées poétiques n’ont pas leur place quand il s’agit de raconter la vie dans un camp de concentration. On parle d’un endroit où la faim, l’épuisement (mental et physique), les maladies, la mort font partie du quotidien, où les animaux sont mieux traités que les êtres humains. Ce qui choque le plus, ce n’est pas la mort d’un personnage, c’est la description crue des conditions de détention, ces corps empilés, cette puanteur qu’on sent presque. C’est une écriture qui vous attire tout autant qu’elle vous repousse à un tel point où des pauses en cours de lectures sont nécessaires pour souffler.

Le titre du roman est une référence aux Kinderzimmer, ces pièces où les nourrissons (sur)vivaient. Ces bébés contrairement à ceux du programme de Max de Sarah Cohen Scali sont quasiment livrés à eux-mêmes et très peu survivent plus de quelques mois. Dès sa déportation, Mila sait qu’elle est enceinte et c’est dans le quasi-secret qu’elle mènera sa grossesse. D’ailleurs, elle n’attends pas cet enfant. Au camp, donner la vie, c’est donner la mort. Et pourtant malgré le contexte, cette grossesse apporte une toute petite lueur d’espoir. Faible mais présente. C’est ce contraste entre la mort et la grossesse puis la naissance qui apporte une touche unique à Kinderzimmer.

« L’ignorance t’enfonce dans le présent, complètement, le jour est une accumulation d’heures, les heures une accumulation de minutes, les minutes une accumulation de secondes, même les secondes sont divisibles, tu ne connais que l’instant. L’instant est une soupe. « 

« Dedans, sûrement, les organes se rétractent comme des figues sèches. Le corps s’avale. Se digère. »

« Quand elle retournera dans cette classe au lycée, Suzanne Langlois dira exactement cela : il faut des historiens, pour rendre compte des évènements; des témoins imparfaits, qui déclinent l’expérience singulière; des romanciers, pour inventer ce qui a disparu à jamais : l’instant présent. »

D’autres avis :
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Pour ceux qui seraient intéressés, je vous conseille vivement Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre de Ruta Sepetys. Vous pouvez lire ma chronique en cliquant sur le titre du roman. Pour info, le livre est sorti en poche cette année.

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4 réflexions sur “Valentine Goby – Kinderzimmer

  1. Cette phrase de ta chronique m’a beaucoup touchée : « Au camp, donner la vie, c’est donner la mort. » Sinon, ce livre me tente depuis quelques temps. Quant à Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre, je l’ai trouvé trop enfantin même si l’histoire en elle même était très intéressante. Je me permets de te donner le lien de ma chronique si jamais tu veux la lire : http://derrierelespages.blogspot.fr/2014/04/critique-livre-ruta-sepetys-ce-quils.html Bonne lecture !

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