Fabien Clavel – Furor

Quatrième de couverture :

Rien n’a jamais préparé les soldats d’Auguste à l’enfer de la Germanie : la pluie, le froid, la boue, les maladies, la hargne des Chérusques dont les attaques éclair déciment les troupes. La forêt de Teutoburg a déjà avalé trois légions et elle n’est toujours pas repue. Mais, pour cette poignée de Romains en déroute réunis par les circonstances, un espoir demeure : peut-être pourront-ils se cacher dans cette étrange pyramide, noire comme l’obsidienne, dressée au milieu du bourbier. Est-ce là le séjour d’un dieu ? Ces gens pacifiques et monstrueux qui hantent son abord sont-ils ses disciples ? Quel est cet étrange signe hélicoïdal répété à l’envi sur chacune de ses parois ?

 

Mon avis :

lectureagreable

Parce que j’ai lu les annexes en fin du roman avant de le commencer, je pensais m’être spoilée sur la nature de la pyramide mais si j’avais en ma possession l’édition Nouveaux Millénaires de 2012, je me serais rendue compte que le secret de la pyramide n’est pas le plus important de ce roman. Ou alors, les éditeurs spoilent aussi les livres avec les couvertures 😛

Pour Furor, Fabien Clavel a choisi comme contexte historique la bataille de Teutoburg connue comme une des principales défaites de l’Empire Romain en Germanie à l’aube du Ier siècle ap J.C. Nous connaissons peu de choses sur la localisation précise de cette bataille ce qui a permis à l’auteur d’y inclure des éléments qui n’auraient pas été possible dans le cas contraire. 😛

Furor nous est raconté par quatre personnages : Longinus (légionnaire chargé de la chasse), Marcus (un vétéran de guerre, aujourd’hui centurion), Caius (tribun) et Flavia (une germaine enlevée par les soldats romains, aujourd’hui prostituée). Leurs points de vue s’alternent en fonction des chapitres. D’un point de vue stylistique, chaque chapitre est écrit selon un point de vue objectif comme si une personne extérieure à l’histoire écrivait ce qu’elle voyait sans que son ressenti et ses sentiments n’influent sur sa narration, une autre partie en italique nous plonge dans les esprits des protagonistes. Dans cette partie, les pensées sont en désordre, les phrases sortent spontanément sans réflexion préalable. D’ailleurs, il n’y a pas de majuscule ou de ponctuation. Au premier abord, j’ai eu beaucoup de mal avec cette double narration, il est difficile pour le lecteur de s’accrocher au récit tant il est bousculé par cette narration. Cependant, aussi déstabilisante que soit cette narration, il faut reconnaitre qu’elle est très efficace et c’est le type de narration qui va avec merveille avec le récit car les personnages sont autant perdus que le lecteur. L’intrigue se déroule en forêt et cet environnement n’est pas comparable avec ce que connaissent les personnages ou même ce que nous connaissons. Cette forêt qui rentre dans l’hiver est un personnage à part entière qui les perd, les prive de tout panorama, les empêche de distinguer le jour de la nuit, ou de prévoir les attaques éclairs des Chérusques. Elle les plongent dans l’inconnu et jouent avec leurs peurs.

Dans un premier temps, les personnages progressent chacun de leur côté et finissent par se retrouver pour entreprendre d’aller dans la pyramide et d’y entreprendre une quête complètement insensée. Une fois rentrés dans la pyramide, la narration intérieure des personnages se fera de plus en plus saccadée ou fouillie, témoignage de la déchéance psychologique et physique des personnages. L’auteur a dit s’être inspiré de la tragédie romaine pour écrire ce roman et il est impossible de ne pas penser à Orphée et à sa descente aux enfers en comparant celle de nos personnages. On me signale dans l’oreillette que le mythe d’Orphée est un mythe grec avant tout mais vous avez saisi l’idée et puis les mythes grecs ont largement inspiré les mythes romains. 😛

En conclusion, Furor est un roman très étonnant, servi par une narration à son service. Niveau ressenti, je ne sais pas si j’ai aimé ce roman ou si je suis mitigée. Si je laisse de côté mon ressenti subjectif, je ne peux pas nier le fait qu’il s’agisse d’un bon roman. Toutefois, ne vous attendez pas à une explication à la fin, il faudra faire preuve d’imagination.

J’ai pu voir que ce roman avait hérité de l’étiquette « fantasy » mais je ne suis pas du tout d’accord. La peur que ressentent les personnages face à leur environnement, la pyramide, etc excluent le roman de ce genre. Spoiler concernant la nature de la pyramide (surlignez pour lire). Si lapyramide n’était qu’une simple pyramide et pas un endroit où sont enfouis des déchets radioactifs, on pourrait inclure ce genre dans celui du fantastique. Cependant, j’inclurais aussi ce roman dans l’uchronie. Pour ma part, j’imagine que les déchets radioactifs enfouis dans le sol ont crée une faille temporelle qui les a amené au 1er siècle. ^^

D’autres avis :

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2 réflexions sur “Fabien Clavel – Furor

  1. J’aime beaucoup la plume de Fabien Clavel et ce que tu dis m’intrigue ! Je ne lis pas ton spoiler mais, du coup, pour toi ce serait quel genre ?

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