Carole Martinez – Du domaine des murmures

Quatrième de couverture :

En 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire « oui » : elle veut faire respecter son vœu de s’offrir à Dieu, contre la décision de son père, le châtelain régnant sur le domaine des Murmures. La jeune femme est emmurée dans une cellule attenante à la chapelle du château, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle pourvue de barreaux. Mais elle ne se doute pas de ce qui est entré avec elle dans sa tombe… Loin de gagner la solitude à laquelle elle aspirait, Esclarmonde se retrouve au carrefour des vivants et des morts. Depuis son réduit, elle soufflera sa volonté sur le fief de son père et ce souffle l’entraînera jusqu’en Terre sainte.

 

Mon avis :

Bien que je n’ai pas écrit de chronique dessus Le coeur cousu de Carole Martinez m’avait fait une très bonne impression quand je l’ai lu. Quatre ans plus tard, je retente l’expérience avec Du domaine des murmures. L’auteur confirme t-elle son talent ?

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Karen Maitland – La compagnie des menteurs

Quatrième de couverture :

1348. La peste s’abat sur l’Angleterre. Rites païens, sacrifices rituels et religieux : tous les moyens sont bons pour tenter de conjurer le sort. Dans le pays, en proie à la panique et à l’anarchie, un petit groupe de neuf parias réunis par le plus grand des hasards essaie de gagner le Nord, afin d’échapper à la contagion. Neuf laissés-pour-compte qui fuient la peste mais aussi un passé trouble. Bientôt, l’un d’eux est retrouvé pendu, puis un autre noyé, un troisième démembré… Seraient-ils la proie d’un tueur plus impitoyable encore que l’épidémie ? Et si celui-ci se trouvait parmi eux ? Toutes les apparences ne vont pas tarder à s’avérer trompeuses et, avec la mort qui rôde de toutes parts, les survivants devront faire preuve d’une incroyable sagacité, au milieu des secrets et des mensonges, pour trouver le mobile des meurtres et résoudre l’énigme avant qu’il ne soit trop tard…

 

Mon avis :

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Ne vous laissez pas totalement avoir par la phrase d’accroche sur la couverture du livre. Faites vous avoir mais oubliez la mention « thriller historique ». La compagnie des menteurs n’est pas un thriller ou un roman policier, si c’est absolument ce que vous cherchez, sachez que la première mort arrive très exactement à la page 316 (merci la table des matières ! ^^) et qu’après, il n’y a pas d’enquête pour retrouver le ou la coupable.

La compagnie des menteurs, c’est plutôt un très bon road-book au contexte historique qui possède une ambiance particulière.

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Sarah Cohen Scali – Max

 

Quatrième de couverture :

« 19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Fürher. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l’on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais régnera en maître sur le monde. Je suis l’enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans loi. Sans rien d’autre que la force et la rage. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d’aimer. Heil Hitler ! »Max est le prototype parfait du programme « Lebensborn » initié par Himmler. Des femmes sélectionnées par les nazis mettent au monde de purs représentants de la race aryenne, jeunesse idéale destinée à régénérer l’Allemagne puis l’Europe occupée par le Reich.

 

Mon avis :

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De la période entourant la seconde Guerre Mondiale, il y a des tonnes de sujets à traiter. De la montée du nazisme et de l’antisémitisme en Europe, de la vie quotidienne en Allemagne pendant la Guerre, en passant par les millions de victimes envoyés dans les camps de concentration et goulags, les idées de thème ne manquent vraiment pas. Dans Max, Sarah Cohen Scali s’attaque au sujet mystérieux des Lebensborn.

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Susan Fletcher – Un bûcher sous la neige

Quatrième de couverture :

Au cour de l’Écosse du XVe siècle, Corrag, jeune fille accusée de sorcellerie, attend le bûcher. Dans le clair-obscur d’une prison putride, le révérend Charles Leslie, venu d’Irlande, l’interroge sur les massacres dont elle a été témoin. Mais, depuis sa geôle, la voix de Corrag s’élève au-dessus des légendes de sorcières et raconte les Highlands enneigés, les cascades où elle lave sa peau poussiéreuse. Jour après jour, la créature maudite s’efface. Et du coin de sa cellule émane une lumière, une grâce, qui vient semer le trouble dans l’esprit de Charles.

 

Mon avis :

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Choisi par les membres de Livraddict pour le book-club de février ayant pour thème le froid et la neige, Un bûcher sous la neige fut pour moi une excellente lecture. Bien sûr, l’hiver occupe une place importante dans l’histoire mais laisse aussi beaucoup de place aux Highlands mais aussi à la nature ou encore la tolérance et l’amour vis à vis des autres.

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Kate Quinn – La maitresse de Rome

Quatrième de couverture :

Jeux du cirque, complots, banquets, orgies… Dans cette formidable saga antique, Kate Quinn fait revivre avec panache l’univers dépravé et sanglant de la Rome du Ier siècle.

Jeune esclave juive soumise aux caprices de l’arrogante Lepida Pollia, sa maîtresse, Thea connaît pour la première fois le bonheur dans les bras du gladiateur Arius le Barbare, la nouvelle coqueluche de Rome. Mais leur idylle attise la jalousie de Lepida, qui s’emploie de son mieux à les séparer.
Cette dernière n’est pas le seul obstacle à se présenter sur la route des deux amants. Grâce à ses talents de musicienne, la belle Thea ne tarde pas àêtre remarquée de l’aristocratie romaine… et d’un dangereux admirateur : l’empereur Domitien, un homme brillant mais cruel qui en fait sa favorite. Devenue la femme la plus influente de Rome, Thea doit plus que jamais garder son amour pour Arius secret.

 

Mon avis :

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La maitresse de Rome fait partie des livres de ces livres que je me dépêche d’acheter avec l’envie de les lire le plus vite possible mais qui se retrouve à trainer des mois dans ma PAL à cause d’envies changeantes ou d’envies plus pressantes. C’est finalement mon voyage à Rome en mars qui aura fait sortir ce livre de sa sieste et je ne le regrette pas du tout. J’ai beaucoup apprécié cette incursion dans la Rome antique du 1er siècle. L’histoire commence le jour du début du règne de l’empereur Domitien, nous faisons la connaissance de Théa, une jeune esclave juive de 14 ans et de sa maitresse Lepida, du même âge. Nous allons suivre ces personnages ainsi que d’autres pendant 15 ans.

Théa est un personnage très attachant mais ce n’est pas le personnage qu’on remarque le plus. Cette honneur revient à Lepida Pollio. Je vous préviens, ce personnage est totalement antipathique mais aussi absolument fascinant. J’ai adoré haïr cette femme prête à tout pour se hisser au pouvoir. J’ai aussi apprécié les autres personnages, que ce soit Arius, le barbare prisonnier de son destin de gladiateur, le sénateur Marcus et son intégrité, son fils Paulinus ou encore sa fille Sabine que j’ai peut-être trouvé plus attachante que Théa ou encore l’empereur Domitien. La galerie des personnages de La maitresse de Rome est très variée et chaque personnage apporte son plus. Enfin, je trouve que ça rajoute quelque chose de mélanger des personnages historiques (Domitien, Trajan) ou encore des faits historiques à des personnages fictifs. Je crois que c’est justement ça qui me donne envie de lire plus de livres historiques.

Côté intrigue, la première partie est peut-être la plus lente de toutes. Il faut laisser le temps de présenter les personnages, de s’imprégner de l’ambiance romaine, des jeux, des combats mais une fois les 100 premières passées, j’ai trouvé que La maitresse de Rome était un livre qu’il était difficile de refermer.

Voilà un avis assez court mais le principal est dit. On est plongé dans l’ambiance de la Rome Antique entouré par des personnages fascinants et en prime, on ne s’ennuie pas. Ce premier tome m’a beaucoup plu et je compte bien lire la suite L’impératrice des sept collines dans lequel Sabine semble être l’un des personnages principaux. Par contre, j’attendrais sûrement la sortie en poche  parce que ça m’avait bien fait râlé d’avoir acheté La maitresse de Rome en GF (d’occasion quand même) et de le voir sortir en poche et le lire plusieurs mois après. ^^

 

D’autres avis :
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Tim Willocks – Les douze enfants de Paris

 

Quatrième de couverture :

23 août 1572. De retour d’Afrique du Nord, Mattias Tannhauser, chevalier de Malte, arrive à Paris. Il doit y retrouver sa femme, la comtesse Carla de La Pénautier, qui, enceinte, est venue assister au mariage de la sœur du roi avec Henri de Navarre. À son arrivée, Mattias trouve un Paris en proie au fanatisme, à la violence et à la paranoïa. La tentative d’assassinat contre l’amiral de Coligny, chef des réformistes, a exacerbé les tensions entre catholiques et protestants. Introduit au Louvre par le cardinal de Retz, Mattias se retrouve bientôt au cœur des intrigues de la Cour et comprend très vite que le sang va couler dans les rues de Paris. Dans une capitale déchaînée, où toutes les haines se cristallisent, Carla est impliquée au même moment dans une terrible conspiration. Plongé dans un océan d’intrigues et de violences, Mattias n’aura que quelques heures pour tenter de la retrouver et la sauver d’un funeste destin. Tim Willocks est sans aucun doute l’un des plus grands conteurs de notre temps.

 

Mon avis :

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Fin 2009, je lisais La religion que j’avais emprunté à ma mère qui l’avait elle-même emprunté à la bibliothèque. J’insiste dessus car je ne l’aurais pas probablement lu ou découvert si ça n’avait été le cas. Et je serais passée à côté d’un gros coup de cœur. Je me souviens avoir tout aimé dans La religion, j’avais aimé les personnages, ils m’avaient touchés, j’avais aimé le contexte historique, j’avais aimé les histoires d’amour, d’amitié, j’avais aussi aimé la violence qui découlait de ces pages, j’avais aimé l’écriture. Et je pense bien en avoir parlé dans au moins un Top Ten Tuesday. Depuis l’ouverture de ce blog, La religion a été un des meilleurs livres que j’ai pu lire. Autant dire que j’attendais la suite avec impatience même si pour cela, il a fallu attendre 4 ans. Mais quelle déception ! Attention, ne vous méprenez pas, si je considère ma lecture de Les douze enfants de Paris sans penser à La religion, j’ai passé un bon moment. Je n’aurais pas mis une semaine (de vacances) pour lire 900 pages en une semaine. Malgré le nombre de pages, les pages se lisent assez vite et ce n’est pas du tout un calvaire de le lire. Cependant, là où le bat blesse, c’est quand je compare cette lecture à celle de La religion, je me rends compte que tout ce qui m’avait transportée dans La religion ne figurait pas ici (ou alors pas suffisamment pour que j’en garde souvenir). Est-ce que ça vient du fait que les deux romans reposent sur une durée différente ? L’intrigue des Douze enfants de Paris se joue en environ 36 heures alors que l’intrigue de La religion (du fait du Siège entre autres) prenait plus de temps. Là, j’avais eu le temps de connaitre les personnages, de les apprécier et d’apprécier les relations solides qui se nouent entre eux au fil du temps. Pour les Douze enfants de Paris, je n’ai pas réussie à me sentir concernée par leurs relations car une journée, c’est trop rapide. Lorsqu’un des survivants du massacre tombe amoureux au premier regard d’une autre survivante, je n’y crois pas ! C’est probablement l’époque qui veut ça mais c’est dur à avaler et surtout ça me semble niais. Attention, même si je suis très septique, je ne dirais pas que je ne crois pas au coup de foudre ! ^^ Je conçois le fait qu’on puisse rencontrer une personne et sentir qu’il y a quelque chose de spécial (et pas seulement une forte attirance sexuelle réciproque) mais j’ai un peu plus de mal avec l’idée de se savoir amoureux. Si une telle chose m’arrivait, je mettrais du temps à comprendre que ce je ressens n’est pas seulement un coup de foudre fantasmatique. ^^ Bien entendu, s’ils peuvent présenter des traits de caractères que nous reconnaissons en nous, les personnages de romans ne sont pas les lecteurs et ont (bien souvent) des sentiments, réactions différents de ceux que l’on aurait à leur place mais malgré celà, j’aime me mettre dans la peau de ses personnages. J’imagine que l’empathie peut être une solution pour ne pas lever les yeux au ciel à ces moments là, que si j’avais vécu cette journée là à Paris, j’aurais pensé différemment.

Je regrette aussi l’absence des intrigues politiques. On en parle mais assez peu au final. J’aurais aimé avoir le point de vue d’une personne du Louvre. Surtout, j’aurais aimé avoir le point d’un vue d’un vilain. Le personnage de l’Inquisiteur dans la Religion était particulièrement réussi et glaçant. S’il y a bien une conspiration comme le mentionne la quatrième de couverture, le roman parle surtout de Matthias Tannhauser qui tente de retrouver sa femme dans Paris. Dans cette quête, le roman fait surtout penser à un film d’action où le héros est indestructible ou encore à un de ces jeux vidéos où le joueur incarne son personnage à la première personne et le guide pour tuer. Tuer, c’est la principale chose que fait Tannhauser. C’est une machine à tuer, là où il passe, il ne laisse que des cadavres et bien sûr, les détails anatomiques ne manquent pas. La religion ne manquait pas de violence pour sûr, mais il y avait les codes du combats, l’honneur, etc … Là, il ne reste qu’un homme, sa colère et les cadavres qu’il laisse.

Pour autant, tout n’est pas à jeter dans ce livre. Il faut d’abord saluer le travail de l’auteur pour reconstituer le Paris de l’époque, pour reconstituer cette fameuse journée du 24 aout 1572 où le massacre de la St Barthélémy eut lieu. Grâce au style de Willocks, on imagine sans mal les rues de ce Paris, aussi on sent la puanteur des déjections, des ordures. Aussi, grâce au point de vue de Carla, nous avons droit à de joli moments, des moments où on parle d’amour, de la Vie.

J’ai le sentiment d’être un peu dure avec ce livre. J’attendais la suite de la Religion, j’attendais de ressentir la même chose ou au pire, de beaucoup aimer cette lecture. Les douze enfants de Paris n’est pas La religion. Pour moi, ce n’est pas un coup de cœur, ce n’est pas une excellente lecture d’où il manque une étincelle, ce n’est pas une très bonne lecture, c’est une lecture simplement agréable et c’est ça qui la rend tout aussi décevante. La religion est une lecture qui m’est restée dans la tête mais si je me souviens des Douze enfants de Paris, ça sera plus pour la déception qu’autre chose. Je lirai quand même la suite des aventures de Tannhauser mais je serai plus modérée dans mon élan. Si vous avez lu et aimé La religion, faites vous quand même votre avis. 🙂

Tim Willocks – La religion

 

Quatrième de couverture :

Mai 1565. Malte. Le conflit entre islam et chrétienté bat son plein. Soliman le Magnifique, sultan des Ottomans, a déclaré la guerre sainte à ses ennemis jurés, les chevaliers de l’ordre de Malte. Militaires aguerris, proches des templiers, ceux-ci désignent leur communauté sous le vocable de « la Religion ». Alors qu’un inquisiteur, arrive à Malte afin de restaurer le contrôle papal sur l’ordre, l’armada ottomane s’approche de l’archipel. C’est le début d’un des sièges les plus spectaculaires et les plus durs de toute l’histoire militaire. Dans ce contexte mouvementé, Matthias Tanhauser, mercenaire et marchand d’armes, d’épices et d’opium, accepte d’aider une comtesse française, Carla La Penautier, dans une quête périlleuse. Pour la mener à bien, ils devront affronter les intégrismes de tous bords, dénouer des intrigues politiques et religieuses, et percer des secrets bien gardés.

Mon avis :

Il m’aura fallu à peine plus de deux semaines pour venir à bout de ce mastodonte de la littérature. Mastodonte : voici un mot qu’on utilise pas souvent. Pourtant, c’est ce qui caractérise ce livre excellent de 850 pages. La Religion a déjà été chroniqué sur plusieurs blogs et couvertes d’éloges, la mienne ne fera rajouter qu’une voix à l’affirmation que ce livre est un chef d’œuvre.

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