Eric-Emmanuel Schmitt – La part de l’autre

Quatrième de couverture : 

8 octobre 1908 : Adolf Hitler recalé. Que se serait-il passé si l’École des beaux-arts de Vienne en avait décidé autrement ? Que serait-il arrivé si, cette minute là, le jury avait accepté et non refusé Adolf Hitler, flatté puis épanoui ses ambitions d’artiste ? Cette minute-là aurait changé le cours d’une vie, celle du jeune, timide et passionné Adolf Hitler, mais elle aurait aussi changé le cours du monde…

 

Mon avis : 

http-%2f%2fmashable-com%2fwp-content%2fuploads%2f2013%2f07%2fspongebob

 

 

 

(bon, c’est pas vraiment la tête qu’on fait en lisant ce livre mais je vais pas adapter tous les gifs)

Il me semble avoir vu ce livre pour la première fois dans la bibliothèque maternelle mais je ne suis pas sûre de la véracité de ce souvenir. Enfin, ça doit faire 10 ans que j’ai connaissance de ce livre et l’envie de le lire mais j’avais toujours repoussé sa lecture.

C’est chose faite et je ne le regrette absolument pas. Déja, le thème me faisait vraiment envie. Et si ? Et si la vie d’Hitler avait pris un tournant totalement différent ce jour là, est-ce que le cours de l’Histoire aurait changé et si oui comment ? Bien sûr, les critiques ou détracteurs d’une telle possibilité pourraient dire que c’est idiot de dire que le sort de l’Europe dépend d’une non-admission, qu’Hitler aurait fini par suivre le même chemin. Mais au final, on en sait rien, peut-être que ça n’aurait rien changé ou ça aurait peut-être changé le cours de la vie d’Hitler.
Au final, c’est une réalité possible parmi d’autres que l’auteur a choisi de raconter avec La part de l’autre.

Niveau construction, le livre est construit en plusieurs parties et les chapitres des 2 Hitler s’alternent. Ainsi, on a ceux consacrés à Hitler, refusé aux Beaux-Arts de Vienne et ceux d’Adolf H. qui a été accepté.

Au début du livre, jusqu’à la guerre de 14-18, j’ai été surprise d’éprouver un peu d’empathie pour Hitler. Après tout, on nous le décrit comme quelqu’un dont le rêve le plus cher lui a été refusé, il a bien sûr des défauts comme celui de penser que son art est trop grand pour que le commun des mortels puisse le comprendre mais après tout, est-ce que ce n’est pas le cas de beaucoup de personnes ? Toutefois, une fois qu’Hitler découvre qu’il doit servir l’Allemagne et en devient fanatique, toute empathie a disparu et ses chapitres – bien qu’intéressant à lire – sont plus difficiles à lire. Sauf si vous vous sentez bien dans la tête d’un dictateur persuadé que le meilleur pour sa nation est de déclencher une guerre mondiale et d’exterminer une partie de la population. ^^

De l’autre côté, Adolf H. attire l’empathie du lecteur tout au long du roman et il est facile de s’attacher à lui ou aux personnes qui gravitent autour de lui.

De toutes les parties du livre, je pense que celle que j’ai préféré est-celle de la guerre de 14-18. En effet, c’est le seul événement que vont vivre les deux personnages mais qui va les affecter et les transformer différemment.

Des personnes pourraient être frileuses à l’idée de ce livre, elles pourraient 1) ne pas accepter d’humaniser Hitler ou encore 2) ne pas concevoir qu’un événement puisse changer la vie d’une personne ou 3)qu’Hitler était tout simplement mauvais ou 4)qu’on ne doit pas chercher à comprendre.

A ces gens, je répondrais : 1)qu’il n’y a aucun problème à humaniser Hitler (ou tout autre dictateur ou criminel) parce qu’Hitler était humain tout comme vous et moi et qu’il faut vivre dans le pays des Bisounours pour ne pas se rendre compte que la race humaine est capable du meilleur et du pire. 2) qu’en savez vous ? Imaginez que vous ayez suivi des études différentes. 3) Bon, le concept de Bien et de Mal, c’est pas aussi simple que ça. Il y a que dans les dessins animés que les Méchants agisse « parce que mouhahaha, je suis mauvais, mouhahaha ». En vrai, Hitler était persuadé de faire le meilleur pour l’Allemagne et personne ne commet des atrocités parce que « je suis mauvais ». C’est trop simple et comme on dit « l’enfer est pavé de bonnes intentions ». 4) Comme le dit l’auteur dans la postface, comprendre n’est pas justifier ou encore pardonner. De mon point de vue, comprendre peut permettre d’identifier ce qui amène une personne à pencher d’un côté. En chacun de nous, nous avons une « part sombre » et c’est justement cette part de l’autre que l’auteur développe dans les chapitres consacrés à Hitler.

Au final, cette lecture aura été un franc succès pour moi. Toutefois, je ne pense pas lire d’autres livres de l’auteur car c’est avant tout le thème qui m’a attiré et les thèmes de ses autres romans m’attirent moins (enfin pour ceux que je connais un petit peu).

Publicités

Ruta Sepetys – Le sel de nos larmes

 

Quatrième de couverture :

Hiver 1945. Quatre adolescents. Quatre destinées.
Chacun né dans un pays différent. Chacun traqué et hanté par sa propre guerre.
Parmi les milliers de réfugiés fuyant à pied vers la côte devant l’avancée des troupes soviétiques, quatre adolescents sont réunis par le destin pour affronter le froid, la faim, la peur, les bombes… Tous partagent un même but : embarquer sur le Wilhem Gustloff, un énorme navire promesse de liberté…

Mon avis :

Il y a 3 ans, Ruta Supetys m’avait happée avec Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre, une lecture émouvante et éprouvante mais indispensable. En attendant la sortie  de son adaptation cinématographique Ashes in the snow (le tournage a débuté début 2016), je me suis procurée son dernier roman Le sel de nos larmes.

Lire la suite

Sophie Jomain – Quand la nuit devient jour

 

Quatrième de couverture :

On m’a demandé un jour de définir ma douleur. Je sais dire ce que je ressens lorsque je m’enfonce une épine dans le pied, décrire l’échauffement d’une brûlure, parler des nœuds dans mon estomac quand j’ai trop mangé, de l’élancement lancinant d’une carie, mais je suis incapable d’expliquer ce qui me ronge de l’intérieur et qui me fait mal au-delà de toute souffrance que je connais déjà.
La dépression.
Ma faiblesse.
Le combat que je mène contre moi-même est sans fin, et personne n’est en mesure de m’aider. Dieu, la science, la médecine, même l’amour des miens a échoué. Ils m’ont perdue. Sans doute depuis le début.
J’ai vingt-neuf ans, je m’appelle Camille, je suis franco-belge, et je vais mourir dans trois mois.
Le 6 avril 2016.
Par euthanasie volontaire assistée.

 

Mon avis :

Je connaissais de nom Sophie Jomain dont j’ai déjà croisé les livres sur de nombreux blogs mais jusqu’à présent, ils ne me tentaient pas plus que ça. Il aura fallu de Quand la nuit devient jour pour que je m’y intéresse de très peu.
Dans ce roman, l’auteure aborde deux sujets tabous : la dépression et l’euthanasie.

Lire la suite

David Vann – Sukkwan Island

 

Quatrième de couverture :

Une île sauvage du Sud de l’Alaska, accessible uniquement par bateau ou par hydravion, tout en forêts humides et montagnes escarpées. C’est dans ce décor que Jim décide d’emmener son fils de treize ans pour y vivre dans une cabane isolée, une année durant. Après une succession d’échecs personnels, il voit là l’occasion de prendre un nouveau départ et de renouer avec ce garçon qu’il connaît si mal. La rigueur de cette vie et les défaillances du père ne tardent pas à transformer ce séjour en cauchemar, et la situation devient vite incontrôlable. Jusqu’au drame violent et imprévisible qui scellera leur destin.

 

Mon avis :

Ah … la nature sauvage, se ressourcer, se retrouver, la tranquilité, etc … ou pas. J’aime bien commencer mes avis en mettant mon petit diablotin qui exprime mon ressenti mais parfois même si le livre est bon voire très bon, je ne trouve pas qu’un diablotin souriant ou des étoiles dans les yeux soit vraiment approprié pour décrire mon ressenti parce que non, je n’ai pas fini Sukwann Island avec des étoiles dans les yeux ou le sourire aux lèvres même si c’est un très bon roman.

Lire la suite

Henning Mankell – Comedia Infantil

 

Quatrième de couverture :

Quelque part en Afrique, la nuit, un homme assis sur le toit d’un théâtre contemple la ville. A ses pieds, un enfant blessé est en train de mourir. Nelio, âgé de dix ans, a vécu a guerre civile et l’errance. Il lui raconte son histoire, en opposant à la barbarie des hommes la poésie et la générosité d’un imaginaire enfantin. Une parole poignante qui résonne comme une fable universelle.

 

Mon avis :

tresbonnelecture

Comedia Infantil, c’est Nélio qui raconte sa vie au narrateur à ses côtés et ce sont les impressions de ce dernier sur les moments qu’il partage avec celui qui changera sa vie.

Lire la suite

Carole Martinez – Du domaine des murmures

Quatrième de couverture :

En 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire « oui » : elle veut faire respecter son vœu de s’offrir à Dieu, contre la décision de son père, le châtelain régnant sur le domaine des Murmures. La jeune femme est emmurée dans une cellule attenante à la chapelle du château, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle pourvue de barreaux. Mais elle ne se doute pas de ce qui est entré avec elle dans sa tombe… Loin de gagner la solitude à laquelle elle aspirait, Esclarmonde se retrouve au carrefour des vivants et des morts. Depuis son réduit, elle soufflera sa volonté sur le fief de son père et ce souffle l’entraînera jusqu’en Terre sainte.

 

Mon avis :

Bien que je n’ai pas écrit de chronique dessus Le coeur cousu de Carole Martinez m’avait fait une très bonne impression quand je l’ai lu. Quatre ans plus tard, je retente l’expérience avec Du domaine des murmures. L’auteur confirme t-elle son talent ?

Lire la suite

Emma Donoghue – Room

Quatrième de couverture :

Sur le point de fêter ses cinq ans, Jack a les préoccupations des petits garçons de son âge. Ou presque. Il ne pense qu’à jouer et à essayer de comprendre le monde qui l’entoure, comptant sur sa mère pour répondre à toutes ses questions.
Cette mère occupe dans sa vie une place immense, d’autant plus qu’il habite seul avec elle dans une pièce unique, depuis sa naissance. Il y a bien les visites du Grand Méchant Nick, mais Ma fait tout pour éviter à Jack le moindre contact avec ce personnage. Jusqu’au jour où elle réalise que l’enfant grandit, et qu’elle ne va pouvoir continuer longtemps à entretenir l’illusion d’une vie ordinaire. Elle va alors tout risquer pour permettre à Jack de s’enfuir. Mais l’enfant va-t-il réussir à trouver des repères loin de leur univers ? Quel accueil lui réservera le monde extérieur, lui l’enfant né de la captivité d’une femme ?

 

Mon avis :

tresbonnelecture

Une PAL peut-être gérée de plusieurs façons. On peut acheter des livres qui nous fallait vraiment sur le moment et  susciter l’incompréhension quand 3 ans plus tard on n’a toujours pas lu les livres en question et parfois, on peut parfois parler d’opportunisme, de marketing de la lecture. 😛 Ainsi, si vous lisez cette chronique avant la fin du mois, vous avez le temps de vous procurer un exemplaire de ce roman, de le lire et d’aller voir son adaptation à partir du 9 mars tout en ayant un bon souvenir de l’histoire. 😉

Lire la suite

Valentine Goby – Kinderzimmer

Quatrième de couverture :

“Je vais te faire embaucher au Betrieb. La couture, c’est mieux pour toi. Le rythme est soutenu mais tu es assise. D’accord ?
– Je ne sais pas.
– Si tu dis oui c’est notre enfant. Le tien et le mien. Et je te laisserai pas.
Mila se retourne :
– Pourquoi tu fais ça ? Qu’est-ce que tu veux ?
– La même chose que toi. Une raison de vivre.”

Mon avis :

tresbonnelecture

Kinderzimmer est l’histoire de Suzanne ou Mila et de sa déportation au début de l’année 1944 dans le camp de concentration de Ravensbruck. Dès les premières pages du livre, j’ai dû m’habituer à l’écriture déroutante de l’auteur.

Lire la suite

Gary Jennings – Azteca

 

Quatrième de couverture :

Azteca raconte la légende colorée et puissante d’une civilisation qui s’épanouit pendant de longs siècles dans un isolement splendide. Ce monde éclatant, et pourtant condamné, c’est un homme, Mixtli, dit Nuage Sombre, qui le décrit, dans un récit bouleversant, mouvementé, riche de la beauté et de la violence qui caractérisaient le Mexique ancien. Ce grand roman historique rempli de sang, d’amour et de sexe est aussi l’aventure et le destin exceptionnel d’un homme qui assiste à la disparition d’un monde fabuleux, somptueux de tabous et de trésors, traversé de secrets et de terreurs que parcourent des personnages inoubliables.

 

Mon avis :

lectureagreable

Il y a 3 semaines, je me suis posée devant ma PAL papier en me disant que ça serait pas mal qu’en 2015, je lises au moins un des gros pavés. J’avais le choix entre 4 livres mais c’est Azteca de Gary Jennings qui a emporté ma curiosité. Toutefois avant de commencer ce roman, j’ai été surprise d’apprendre que le règne des Aztèques a duré bien peu de temps en réalité (environ 3 siècles), ce qui ne les a pas empêchés d’atteindre un excellent niveau de civilisation. Aussi, j’aurais aimé que l’auteur partage une liste de ses sources. J’ai pu voir qu’une partie des sources que nous avons sur cette civilisation provenaient d’autochtones mais une grande partie provient aussi des conquistadores et des prêtres espagnols or je ne pense pas que ces sources là soient celles qui ont le plus de recul et surtout d’objectivité. 😉 Petite aparté : si les Vikings ont eu pendant longtemps (et ont encore pour certains) une réputation de barbares et de pillards, c’est justement parce que les témoignages que nous avions d’eux étaient des témoignage chrétiens qui non seulement étaient victime des raids mais qui (et surtout) ne comprenaient pas une autre société que la leur.

Lire la suite

Tamara McKinley – La dernière valse de Mathilda

Quatrième de couverture :

1923. À Churinga, dans la chaleur étouffante du bush australien, Mathilda, treize ans, enterre sa mère. Elle sait que désormais, face à son père, un homme cruel et égoïste, elle ne pourra compter que sur elle-même pour conserver ses terres
Cinquante ans plus tard, Jenny pleure la disparition tragique de son petit garçon et de son époux. Seul legs de ce dernier : le domaine de Churinga.
Sur place, Jenny trouve le journal intime de Mathilda, dont elle entreprend la lecture. Bien vite, elle découvre des similitudes entre leurs destinées et l’angoisse l’assaille : a-t-elle bien fait de venir s’installer ici ?

 

Mon avis :

tresbonnelecture

Merci à Mamazone qui me rappelle que j’ai acheté cet article le 21 mai 2013, j’aurais peut-être dûle lire deux semaine plus tard, il aurait attendu pendant 1 an. ^^ Bon, c’est un ebook donc c’est pas comme s’il prenait de la place dans mon étagère à PAL (eh oui, ma PAL a une place à part) ou prenait la poussière. D’ailleurs, en parlant d’ebook, vous n’avez pas l’impression de lire plus lentement sur ce support que sur papier ? En tout cas, c’est l’impression que j’ai … Après, je ne me suis jamais amusée à lire le même livre sur les deux supports pour comparer.

Bref, revenons à nos moutons. Et profitons pour admirer la façon dont je rentre dans le sujet avec cette expression, Churinga étant une exploitation agricole où les moutons sont élevés pour leur laine. Je n’ai jamais eu la chance d’aller en Australie et de ce pays je n’ai vu que des photos, lus des récits sur ses animaux étonnant et dangereux (comme le Taipan) et pourtant, j’ai vraiment eu l’impression que l’auteur m’avait fait parcourir plus de 17 000 kilomètres pour me lâcher en plein outback * australien.  Imaginez que  vous êtes dans un endroit où votre plus proche voisin se trouve à 300 km, que des années peuvent se succéder sans que la moindre averse tombe, imaginez des tempêtes sèches suivies par des pluies torrentielles qui transforme le sol en marécage pendant des jours. Imaginez la poussière rouge qui recouvre le sol, imaginez les effets de la sécheresse sur la végétation, imaginez la sensation suffocante de l’air chaud et électrique. Imaginez tout ça et vous comprendrez que l’outback est un des rares endroits sur la planète que l’Homme n’a pas encore réussi à dompter et vous comprendrez pourquoi la Nature est très présente dans les croyances aborigènes. Normal quand il suffit d’une étincelle pour détruire toute une exploitation.

Au niveau de l’histoire, nous faisons la connaissance de Mathilda et parallèlement celle de Jennifer. D’un côté, on suit la première pendant plus de 25 ans, de l’autre nous accompagnons la deuxième alors qu’elle se trouve dans un moment décisif de sa vie. Quelle est l’histoire de Mathilda ? Jennifer va t’elle retrouver la force de regarder vers le futur ? Les deux femmes ont vécus à une époque différente, ont eu une vie différente mais elles se ressemblent dans leur force dans laquelle l’une puise pour faire tourner seule une exploitation de 40 000 hectares et l’autre pour se remettre de la mort de son mari et enfant. Outre le point de vue de Mathilda et de Jennifer, le lecteur a droit à la charmante compagnie de Brett Wilson aka le directeur de la station d’élevage. Là encore, le procédé d’alterner les points de vue dans un livre permet de se rendre compte comment un fait peut être interprété différemment et accessoirement, m’a fait lever les yeux au ciel en me disant que ça serait tellement plus simple si les hommes et les femmes se parlaient vraiment au lieu d’interpréter les faits et gestes. Vous l’aurez compris, il y a de la romance dans La dernière valse de Mathilda. Je vous avoue que c’est pas trop ce que j’ai préféré mais hormis une utilisation du « vous », ce n’est pas cucul-la praline donc c’est déjà ça. ^^

Pour conclure, j’ai aimé cette incursion dans l’arrière pays australien. C’est juste un peu dommage d’avoir deviné en avance la révélation de la fin. Il y a des livres qui font plus voyager que d’autres et La dernière valse de Mathilda en fait partie. Que vous ayez envie de voyager, d’une saga familiale ou d’une romance, je vous conseille ce livre.

D’autres avis :

Logo Livraddict

* Je pensais qu’outback et bush était la même chose mais à ce que j’ai cru comprendre, le bush se situe plus vers le littoral et présente une  grande diversité au niveau de la flore et de la faune tandis que l’outback se situe plus dans les terres et est principalement semi-arides.

Tim Willocks – Les douze enfants de Paris

 

Quatrième de couverture :

23 août 1572. De retour d’Afrique du Nord, Mattias Tannhauser, chevalier de Malte, arrive à Paris. Il doit y retrouver sa femme, la comtesse Carla de La Pénautier, qui, enceinte, est venue assister au mariage de la sœur du roi avec Henri de Navarre. À son arrivée, Mattias trouve un Paris en proie au fanatisme, à la violence et à la paranoïa. La tentative d’assassinat contre l’amiral de Coligny, chef des réformistes, a exacerbé les tensions entre catholiques et protestants. Introduit au Louvre par le cardinal de Retz, Mattias se retrouve bientôt au cœur des intrigues de la Cour et comprend très vite que le sang va couler dans les rues de Paris. Dans une capitale déchaînée, où toutes les haines se cristallisent, Carla est impliquée au même moment dans une terrible conspiration. Plongé dans un océan d’intrigues et de violences, Mattias n’aura que quelques heures pour tenter de la retrouver et la sauver d’un funeste destin. Tim Willocks est sans aucun doute l’un des plus grands conteurs de notre temps.

 

Mon avis :

https://duljuvafrihet.files.wordpress.com/2011/05/boftresmitige.jpg?w=42&h=41/ lectureagreable

Fin 2009, je lisais La religion que j’avais emprunté à ma mère qui l’avait elle-même emprunté à la bibliothèque. J’insiste dessus car je ne l’aurais pas probablement lu ou découvert si ça n’avait été le cas. Et je serais passée à côté d’un gros coup de cœur. Je me souviens avoir tout aimé dans La religion, j’avais aimé les personnages, ils m’avaient touchés, j’avais aimé le contexte historique, j’avais aimé les histoires d’amour, d’amitié, j’avais aussi aimé la violence qui découlait de ces pages, j’avais aimé l’écriture. Et je pense bien en avoir parlé dans au moins un Top Ten Tuesday. Depuis l’ouverture de ce blog, La religion a été un des meilleurs livres que j’ai pu lire. Autant dire que j’attendais la suite avec impatience même si pour cela, il a fallu attendre 4 ans. Mais quelle déception ! Attention, ne vous méprenez pas, si je considère ma lecture de Les douze enfants de Paris sans penser à La religion, j’ai passé un bon moment. Je n’aurais pas mis une semaine (de vacances) pour lire 900 pages en une semaine. Malgré le nombre de pages, les pages se lisent assez vite et ce n’est pas du tout un calvaire de le lire. Cependant, là où le bat blesse, c’est quand je compare cette lecture à celle de La religion, je me rends compte que tout ce qui m’avait transportée dans La religion ne figurait pas ici (ou alors pas suffisamment pour que j’en garde souvenir). Est-ce que ça vient du fait que les deux romans reposent sur une durée différente ? L’intrigue des Douze enfants de Paris se joue en environ 36 heures alors que l’intrigue de La religion (du fait du Siège entre autres) prenait plus de temps. Là, j’avais eu le temps de connaitre les personnages, de les apprécier et d’apprécier les relations solides qui se nouent entre eux au fil du temps. Pour les Douze enfants de Paris, je n’ai pas réussie à me sentir concernée par leurs relations car une journée, c’est trop rapide. Lorsqu’un des survivants du massacre tombe amoureux au premier regard d’une autre survivante, je n’y crois pas ! C’est probablement l’époque qui veut ça mais c’est dur à avaler et surtout ça me semble niais. Attention, même si je suis très septique, je ne dirais pas que je ne crois pas au coup de foudre ! ^^ Je conçois le fait qu’on puisse rencontrer une personne et sentir qu’il y a quelque chose de spécial (et pas seulement une forte attirance sexuelle réciproque) mais j’ai un peu plus de mal avec l’idée de se savoir amoureux. Si une telle chose m’arrivait, je mettrais du temps à comprendre que ce je ressens n’est pas seulement un coup de foudre fantasmatique. ^^ Bien entendu, s’ils peuvent présenter des traits de caractères que nous reconnaissons en nous, les personnages de romans ne sont pas les lecteurs et ont (bien souvent) des sentiments, réactions différents de ceux que l’on aurait à leur place mais malgré celà, j’aime me mettre dans la peau de ses personnages. J’imagine que l’empathie peut être une solution pour ne pas lever les yeux au ciel à ces moments là, que si j’avais vécu cette journée là à Paris, j’aurais pensé différemment.

Je regrette aussi l’absence des intrigues politiques. On en parle mais assez peu au final. J’aurais aimé avoir le point de vue d’une personne du Louvre. Surtout, j’aurais aimé avoir le point d’un vue d’un vilain. Le personnage de l’Inquisiteur dans la Religion était particulièrement réussi et glaçant. S’il y a bien une conspiration comme le mentionne la quatrième de couverture, le roman parle surtout de Matthias Tannhauser qui tente de retrouver sa femme dans Paris. Dans cette quête, le roman fait surtout penser à un film d’action où le héros est indestructible ou encore à un de ces jeux vidéos où le joueur incarne son personnage à la première personne et le guide pour tuer. Tuer, c’est la principale chose que fait Tannhauser. C’est une machine à tuer, là où il passe, il ne laisse que des cadavres et bien sûr, les détails anatomiques ne manquent pas. La religion ne manquait pas de violence pour sûr, mais il y avait les codes du combats, l’honneur, etc … Là, il ne reste qu’un homme, sa colère et les cadavres qu’il laisse.

Pour autant, tout n’est pas à jeter dans ce livre. Il faut d’abord saluer le travail de l’auteur pour reconstituer le Paris de l’époque, pour reconstituer cette fameuse journée du 24 aout 1572 où le massacre de la St Barthélémy eut lieu. Grâce au style de Willocks, on imagine sans mal les rues de ce Paris, aussi on sent la puanteur des déjections, des ordures. Aussi, grâce au point de vue de Carla, nous avons droit à de joli moments, des moments où on parle d’amour, de la Vie.

J’ai le sentiment d’être un peu dure avec ce livre. J’attendais la suite de la Religion, j’attendais de ressentir la même chose ou au pire, de beaucoup aimer cette lecture. Les douze enfants de Paris n’est pas La religion. Pour moi, ce n’est pas un coup de cœur, ce n’est pas une excellente lecture d’où il manque une étincelle, ce n’est pas une très bonne lecture, c’est une lecture simplement agréable et c’est ça qui la rend tout aussi décevante. La religion est une lecture qui m’est restée dans la tête mais si je me souviens des Douze enfants de Paris, ça sera plus pour la déception qu’autre chose. Je lirai quand même la suite des aventures de Tannhauser mais je serai plus modérée dans mon élan. Si vous avez lu et aimé La religion, faites vous quand même votre avis. 🙂

Katja Millay – Tes mots sur mes lèvres

Quatrième de couverture :

Je m’appelle Nastya.
Voilà 452 jours que je ne parle plus. A personne.
Depuis que quelqu’un m’a volé ma vie et ma seule passion.

Dans mon nouveau lycée, personne ne sait qui je suis et tout le monde me fuit.
Sauf Josh Bennet.

Il est toujours seul comme moi.
Un jour, il me parle.
Et ma vie change.
Encore une fois…

Mon avis :

Je pourrais mentionner le fait que ma dernière chronique remonte au 8 septembre, que j’avais arrêté ce blog mais je ne le ferai pas. Je ne le ferai pas parce qu’aussi bien, cette chronique est la seule que vous verrez en 2014. Je suis juste motivée et inspirée, c’est tout.

D’ordinaire, la romance ne fait pas partie de mes genres de prédilections. Peut-être est-ce que parce que je suis très loin d’avoir un coeur d’artichaut ? Hormis des livres qui contenait une histoire d’amour, j’ai très rarement lu voire jamais des livres portant la mention « romance ».
J’avais remarqué The sea of tranquility sur le blog de Cécile quand elle en avait fait un coup de cœur et je l’avais noté. Le temps est passé et c’est finalement en français que je l’ai tenté. Ce que je ne regrette pas du tout ! Je ne vais pas parler de coup de cœur parce qu’il m’est très difficile d’en avoir et parce qu’il y a quelques petits détails qui m’ont gênée mais j’ai vraiment beaucoup aimé ce livre qui a joué avec mes sentiments. J’ai dit que j’avais pas un cœur d’artichaut pas que j’avais un cœur de pierre, hein !
D’ordinaire, ce qui ne me plait pas, dans les histoires d’amour, c’est le fait que les héros tombent fous amoureux l’un de l’autre sans qu’on n’ait eu le temps de s’habituer à eux, à leur relation, à les connaître. C’est tout le contraire ici. Tes mots sur mes lèvres est un roman qui prend son temps. Le point de vue de Nastya alterne avec celui de Josh et on apprend à connaître petit à petit leur passé, leurs peurs, leurs désirs et bien sûr, on suit l’évolution de leur relation.
Nous faisons d’abord la connaissance de Nastya qui ne parle plus depuis presque 2 ans. On ne sait pas pourquoi au début et c’est au fil des pages que l’auteur nous le dévoile.
Je me demande si je n’aurais pas préféré que l’auteur le fasse dès le début. D’un côté, ça crée un certain suspense mais de l’autre côté, comme il s’agit d’un évènement traumatisant pour Nastya, il s’agirait presque d’une curiosité malsaine. Enfin, j’avais peur de trouver la réaction de Nastya démesurée par rapport à l’évènement en question. En parlant de sa réaction, c’est peut-être une des choses que je n’ai pas trop aimé dans ce livre. Malgré le fait qu’elle ait survécu, Nastya ne tente pas d’aller mieux car pour elle, l’homme qui lui a fait ça, l’a détruite. Je n’ai pas compris ce personnage à ce moment là parce que je ne pense pas que je serais comme elle, si une chose parreille m’arrivait. Mais je n’en sais rien, je n’ai pas vécu la même situation qu’elle. Bref, à ce moment là, je me suis rendue compte que je la jugeais et j’ai arrêté de la comparer avec moi ou qui que ce soit. Ce qui n’empêche pas qu’elle m’a parfois énervée avec sa façon de se mettre en victime et de s’éloigner des autres. D’un autre côté, je me suis reconnue dans Nastya par certains aspects et malgré les petites choses qui m’ont énervé, je me suis attachée à elle.
L’autre personnage marquant, c’est Josh. Le garçon entouré d’un champ de force. Celui qui sent la sciure de bois. Oh moins, on échappe à l’odeur du musc, l’after-shave, etc … ^^ C’est un personnage mystérieux, attentionné, gentil, patient, débrouillard mais aussi protecteur. Bref, un personne masculin qui a tout pour plaire aux lectrices.
D’autres personnages gravitent autour d’eux. Ceux que j’ai préférés sont sans conteste Drew et Clay. Au début, on pourrait penser que Drew n’est qu’un couron de jupon sans aucune manière et s’il est d’un certain côté, c’est surtout une perle, le genre d’homme qui ferait un parfait meilleur ami. Clay m’a aussi attirée de par son talent de dessinateur.
Au niveau de l’action, il ne se passe pas grand chose. On suit les journées de Nastya et de Josh et elles se ressemblent toutes un peu de par leur déroulement. Toutefois, ce n’est pas pour autant qu’on a pas envie de savoir la suite, que ce soit grâce aux relations décrites dans le livre ou par l’écriture simple mais qui fait passer beaucoup de choses.
En conclusion, si j’ai beaucoup aimé ce livre, c’est parce que je me suis attachée aux personnages, que j’ai aimé les connaitre, m’habituer à leur présence, que la romance n’arrive pas sans crier gare et que surtout je suis passé par un tas d’émotions : papillons dans le ventre, émoi, colère, peur, larmes aux yeux (si si !)

D’autres avis :

Logo Livraddict