Ruta Sepetys – Le sel de nos larmes

 

Quatrième de couverture :

Hiver 1945. Quatre adolescents. Quatre destinées.
Chacun né dans un pays différent. Chacun traqué et hanté par sa propre guerre.
Parmi les milliers de réfugiés fuyant à pied vers la côte devant l’avancée des troupes soviétiques, quatre adolescents sont réunis par le destin pour affronter le froid, la faim, la peur, les bombes… Tous partagent un même but : embarquer sur le Wilhem Gustloff, un énorme navire promesse de liberté…

Mon avis :

Il y a 3 ans, Ruta Supetys m’avait happée avec Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre, une lecture émouvante et éprouvante mais indispensable. En attendant la sortie  de son adaptation cinématographique Ashes in the snow (le tournage a débuté début 2016), je me suis procurée son dernier roman Le sel de nos larmes.

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Gary Jennings – Azteca

 

Quatrième de couverture :

Azteca raconte la légende colorée et puissante d’une civilisation qui s’épanouit pendant de longs siècles dans un isolement splendide. Ce monde éclatant, et pourtant condamné, c’est un homme, Mixtli, dit Nuage Sombre, qui le décrit, dans un récit bouleversant, mouvementé, riche de la beauté et de la violence qui caractérisaient le Mexique ancien. Ce grand roman historique rempli de sang, d’amour et de sexe est aussi l’aventure et le destin exceptionnel d’un homme qui assiste à la disparition d’un monde fabuleux, somptueux de tabous et de trésors, traversé de secrets et de terreurs que parcourent des personnages inoubliables.

 

Mon avis :

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Il y a 3 semaines, je me suis posée devant ma PAL papier en me disant que ça serait pas mal qu’en 2015, je lises au moins un des gros pavés. J’avais le choix entre 4 livres mais c’est Azteca de Gary Jennings qui a emporté ma curiosité. Toutefois avant de commencer ce roman, j’ai été surprise d’apprendre que le règne des Aztèques a duré bien peu de temps en réalité (environ 3 siècles), ce qui ne les a pas empêchés d’atteindre un excellent niveau de civilisation. Aussi, j’aurais aimé que l’auteur partage une liste de ses sources. J’ai pu voir qu’une partie des sources que nous avons sur cette civilisation provenaient d’autochtones mais une grande partie provient aussi des conquistadores et des prêtres espagnols or je ne pense pas que ces sources là soient celles qui ont le plus de recul et surtout d’objectivité. 😉 Petite aparté : si les Vikings ont eu pendant longtemps (et ont encore pour certains) une réputation de barbares et de pillards, c’est justement parce que les témoignages que nous avions d’eux étaient des témoignage chrétiens qui non seulement étaient victime des raids mais qui (et surtout) ne comprenaient pas une autre société que la leur.

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Tim Willocks – Les douze enfants de Paris

 

Quatrième de couverture :

23 août 1572. De retour d’Afrique du Nord, Mattias Tannhauser, chevalier de Malte, arrive à Paris. Il doit y retrouver sa femme, la comtesse Carla de La Pénautier, qui, enceinte, est venue assister au mariage de la sœur du roi avec Henri de Navarre. À son arrivée, Mattias trouve un Paris en proie au fanatisme, à la violence et à la paranoïa. La tentative d’assassinat contre l’amiral de Coligny, chef des réformistes, a exacerbé les tensions entre catholiques et protestants. Introduit au Louvre par le cardinal de Retz, Mattias se retrouve bientôt au cœur des intrigues de la Cour et comprend très vite que le sang va couler dans les rues de Paris. Dans une capitale déchaînée, où toutes les haines se cristallisent, Carla est impliquée au même moment dans une terrible conspiration. Plongé dans un océan d’intrigues et de violences, Mattias n’aura que quelques heures pour tenter de la retrouver et la sauver d’un funeste destin. Tim Willocks est sans aucun doute l’un des plus grands conteurs de notre temps.

 

Mon avis :

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Fin 2009, je lisais La religion que j’avais emprunté à ma mère qui l’avait elle-même emprunté à la bibliothèque. J’insiste dessus car je ne l’aurais pas probablement lu ou découvert si ça n’avait été le cas. Et je serais passée à côté d’un gros coup de cœur. Je me souviens avoir tout aimé dans La religion, j’avais aimé les personnages, ils m’avaient touchés, j’avais aimé le contexte historique, j’avais aimé les histoires d’amour, d’amitié, j’avais aussi aimé la violence qui découlait de ces pages, j’avais aimé l’écriture. Et je pense bien en avoir parlé dans au moins un Top Ten Tuesday. Depuis l’ouverture de ce blog, La religion a été un des meilleurs livres que j’ai pu lire. Autant dire que j’attendais la suite avec impatience même si pour cela, il a fallu attendre 4 ans. Mais quelle déception ! Attention, ne vous méprenez pas, si je considère ma lecture de Les douze enfants de Paris sans penser à La religion, j’ai passé un bon moment. Je n’aurais pas mis une semaine (de vacances) pour lire 900 pages en une semaine. Malgré le nombre de pages, les pages se lisent assez vite et ce n’est pas du tout un calvaire de le lire. Cependant, là où le bat blesse, c’est quand je compare cette lecture à celle de La religion, je me rends compte que tout ce qui m’avait transportée dans La religion ne figurait pas ici (ou alors pas suffisamment pour que j’en garde souvenir). Est-ce que ça vient du fait que les deux romans reposent sur une durée différente ? L’intrigue des Douze enfants de Paris se joue en environ 36 heures alors que l’intrigue de La religion (du fait du Siège entre autres) prenait plus de temps. Là, j’avais eu le temps de connaitre les personnages, de les apprécier et d’apprécier les relations solides qui se nouent entre eux au fil du temps. Pour les Douze enfants de Paris, je n’ai pas réussie à me sentir concernée par leurs relations car une journée, c’est trop rapide. Lorsqu’un des survivants du massacre tombe amoureux au premier regard d’une autre survivante, je n’y crois pas ! C’est probablement l’époque qui veut ça mais c’est dur à avaler et surtout ça me semble niais. Attention, même si je suis très septique, je ne dirais pas que je ne crois pas au coup de foudre ! ^^ Je conçois le fait qu’on puisse rencontrer une personne et sentir qu’il y a quelque chose de spécial (et pas seulement une forte attirance sexuelle réciproque) mais j’ai un peu plus de mal avec l’idée de se savoir amoureux. Si une telle chose m’arrivait, je mettrais du temps à comprendre que ce je ressens n’est pas seulement un coup de foudre fantasmatique. ^^ Bien entendu, s’ils peuvent présenter des traits de caractères que nous reconnaissons en nous, les personnages de romans ne sont pas les lecteurs et ont (bien souvent) des sentiments, réactions différents de ceux que l’on aurait à leur place mais malgré celà, j’aime me mettre dans la peau de ses personnages. J’imagine que l’empathie peut être une solution pour ne pas lever les yeux au ciel à ces moments là, que si j’avais vécu cette journée là à Paris, j’aurais pensé différemment.

Je regrette aussi l’absence des intrigues politiques. On en parle mais assez peu au final. J’aurais aimé avoir le point de vue d’une personne du Louvre. Surtout, j’aurais aimé avoir le point d’un vue d’un vilain. Le personnage de l’Inquisiteur dans la Religion était particulièrement réussi et glaçant. S’il y a bien une conspiration comme le mentionne la quatrième de couverture, le roman parle surtout de Matthias Tannhauser qui tente de retrouver sa femme dans Paris. Dans cette quête, le roman fait surtout penser à un film d’action où le héros est indestructible ou encore à un de ces jeux vidéos où le joueur incarne son personnage à la première personne et le guide pour tuer. Tuer, c’est la principale chose que fait Tannhauser. C’est une machine à tuer, là où il passe, il ne laisse que des cadavres et bien sûr, les détails anatomiques ne manquent pas. La religion ne manquait pas de violence pour sûr, mais il y avait les codes du combats, l’honneur, etc … Là, il ne reste qu’un homme, sa colère et les cadavres qu’il laisse.

Pour autant, tout n’est pas à jeter dans ce livre. Il faut d’abord saluer le travail de l’auteur pour reconstituer le Paris de l’époque, pour reconstituer cette fameuse journée du 24 aout 1572 où le massacre de la St Barthélémy eut lieu. Grâce au style de Willocks, on imagine sans mal les rues de ce Paris, aussi on sent la puanteur des déjections, des ordures. Aussi, grâce au point de vue de Carla, nous avons droit à de joli moments, des moments où on parle d’amour, de la Vie.

J’ai le sentiment d’être un peu dure avec ce livre. J’attendais la suite de la Religion, j’attendais de ressentir la même chose ou au pire, de beaucoup aimer cette lecture. Les douze enfants de Paris n’est pas La religion. Pour moi, ce n’est pas un coup de cœur, ce n’est pas une excellente lecture d’où il manque une étincelle, ce n’est pas une très bonne lecture, c’est une lecture simplement agréable et c’est ça qui la rend tout aussi décevante. La religion est une lecture qui m’est restée dans la tête mais si je me souviens des Douze enfants de Paris, ça sera plus pour la déception qu’autre chose. Je lirai quand même la suite des aventures de Tannhauser mais je serai plus modérée dans mon élan. Si vous avez lu et aimé La religion, faites vous quand même votre avis. 🙂