Matthew Gregory Lewis – Le moine

Quatrième de couverture :

À l’époque de l’Inquisition, Ambrosio, prieur du couvent des Capucins à Madrid, est admiré pour sa vertu et la pureté de sa foi. Les fidèles se bousculent pour assister à ses célébrations de messes et tremblent devant ses sermons.
Cet homme rigide et pur ne se sent d’amitié que pour un jeune moine, Rosario. Mais celui-ci va révéler sa véritable identité et la vie du prieur va basculer, entraînant de nombreuses victimes dans les pires infamies…

 

Mon avis :

lectureagreable

Paru en 1796, Le moine figure parmi les œuvres majeures du roman  gothique. Pour moi, il s’agissait avant tout de découvrir un genre inconnu et de lire un classique car même si mes gouts sont variés, je n’en lis que très peu. En français, il existe aussi une traduction libre et très personnelle écrite par Antonin Artaud mais pour ma part, je me suis tournée vers l’œuvre originale traduite par Léon de Wally.

Le moine narre donc – entre autres, l’histoire d’Ambrosio et de sa descente aux enfers provoquée par Rosario qui est en réalité Mathilde, une femme amoureuse du prieur.

Malgré le fait que j’ai lu ce livre assez rapidement, j’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire. En effet, la première partie de l’histoire met peu en scène cette descente aux enfers et met l’accent sur des histoires d’amours difficiles voire impossibles. Il y a également beaucoup de détours narratifs, de récits dans le récit et si certains sont intéressants, d’autres auraient gagné à être raccourcis. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, Ambrosio n’est pas le héros de l’histoire mais l’un des héros. Les personnages sont assez nombreux et si leur histoires sont distinctes au début, elles finissent par ne plus former qu’une.

En tant qu’œuvre majeure du roman gothique, on peut s’attendre à y trouver beaucoup des caractéristiques du genre. Ainsi, vous n’échapperez pas au cimetière, au caveau, au château, à la forêt, à des personnages tels que la jeune femme pieuse, la femme fatale qui cause la perte, des situations fantastiques, tels que le pacte infernal ou encore l’apparition de spectres. A ce propos, Lewis choisit une direction différente de celle d’Ann Radcliffe en n’expliquant pas le fantastique. Toutefois, parmi toutes ces caractéristiques qui peuvent parfois paraître stéréotypées, c’est surtout le romantisme qui m’a souvent fait lever les yeux au ciel. Le roman a été écrit au 18ème siècle et l’histoire se passe elle-même au 15ème siècle et les mœurs ont bien sûr changé depuis. Je l’ai déjà dit dans d’autres chroniques, je ne suis pas fleur bleue et je n’ai pas non plus l’âme d’une romantique et les histoires d’amours qui me touchent sont celles qui se construisent sur la longueur. Bref, quand Lorenzo s’éprend de la belle Antonia (au premier coup d’œil, of course) et nous fait part de son amour, je lève les yeux au ciel et je me dit * ouais, en fait, tu la trouve bonne et tu voudrais la mettre dans ton lit mais comme tu es un gentleman du 15ème sicèle, tu te dois te faire la cour à cette jeune femme, de l’épouser, etc … * C’est sûrement dû au roman gothique ou au romantisme et à l’époque mais pour moi, le fait de confondre amour et attirance physique me fait sourire ou alors, il s’agit vraiment d’amour au premier regard et dans ce cas, je trouve ça gnan-gnan parce que comment peut-on aimer une personne que l’on ne connait pas ?

A ce romantisme exacerbé, l’auteur utilise une narration où les sentiments, les humeurs semblent exagérés où la façon de parler fait directement penser au théâtre et en particulier aux tragédies. Même les réactions sont exagérés comme la personne qui se meurt littéralement de chagrin à laquelle on a envie de dire : « t’es triste, je comprends, t’as envie de pleurer, fais le ! mais là, ça va faire un mois que tu reste allongé sur ton lit, à te morfondre et à manger à peine, alors tu te lèves et tu vas te changer les idées ou je vais te mettre un bon coup au derrière ! » Avec cette exagération des sentiments, j’ai vraiment eu l’impression que les personnages étaient d’une constitution très fragile et beaucoup trop sensible pour ce monde cruel.

En parlant des personnages, Ambrosio n’est pas le héros que l’on croit. C’est l’un d’entre eux mais d’autres personnages comme Lorenzo ou Antonia ont autant d’importance que lui. Certains m’ont fait rire comme Leonella et son caractère. Les personnages sont tous différents par leur caractères et sont plutôt bien travaillés. Cependant, il m’a été difficile de m’identifier à l’un d’eux ou de m’y attacher. Toutefois, si Lorenzo ou Antonia font partie des personnages que j’ai pu apprécier, Ambrosio est celui que j’ai le moins aimé. Il nous apparait d’abord comme un homme froid et austère et dont l’humilité peut tout aussi bien être du mépris vis à vis des fautes de ses contemporains mais il se révèle être un personnage faible et influençable qui cède à la tentation dès que cette dernière pointe le bout de son nez. A ce propos, il y a une scène qui m’a fait (encore) lever les yeux au ciel. Il s’agit du moment où Mathilde montre un miroir magique à Ambrosio qui permet à ce dernier, d’épier Antonia en train de se déshabiller avant de prendre son bain. A ce moment là, Mathilde tente de convaincre le moine de faire quelque chose qui ne plait pas à ce dernier, il résiste jusqu’au moment où Ambrosio aperçoit un sein d’Antonia. On applaudit bien fort la force d’esprit ! Et à ce moment là, je lève les yeux au ciel parce que j’imagine Ambrosio comme ça. A un moment du roman, un personnage critique la « force » d’Ambrosio en parlant du fait qu’il n’a jamais résisté à la tentation parce que cette dernière ne s’est jamais présenté. J’approuve à 200 % ces dires !

Enfin, pour l’époque, ce roman compte quand même pas mal de scènes assez dure et je ne pense pas que ce livre trônait dans les bibliothèques à l’époque. Toutefois, en raison de sa fin et de sa morale, Le moine reste un roman assez conventionnel.

Et donc, d’un point de vue subjectif, est-ce que j’ai aimé ? Globalement, j’ai passé un agréable moment même s’il a fallu s’accrocher jusqu’à la deuxième partie du roman. L’âge de l’auteur m’a aussi surprise quant au choix des mots, des expressions qui sont assez surprenantes pour une personne de 20 ans. Si aujourd’hui, il n’est plus nécessaire de faire la cour à une jeune femme et de l’épouser pour pouvoir faire l’amour avec elle, il est aussi dommage que nous ayons perdu cette façon de s’exprimer. ^^

 

D’autres avis :
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Stephen Orr – Le temps n’efface rien

 

 Quatrième de couverture :

A neuf ans, Henry est un garçon solitaire ; son pied bot l’empêche de partager les jeux des enfants de son âge. Cet été-là, comme à son habitude, il reste dans sa chambre, lit beaucoup et ne fréquente que sa jeune voisine, Janice. Le jour de la fête nationale, elle lui propose de l’accompagner à la plage avec son frère et sa sœur. Henry, complexé, refuse. Les quatre enfants ne se reverront jamais.

 

Mon avis :

tresbonnelecture

Pour la première édition du challenge Loufoque et Aléatoire initié par Florel et repris à partir de la prochaine édition par Tigrou4145, j’ai décidé de choisir le thème de l’auteur vivant sur une île et plus particulièrement l’Australie.

 Le temps n’efface rien se passe donc en Australie au début des années 60 et plus particulièrement à Adelaide.

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Toni Morrison – Home

 Auteur : Toni Morrison

 Titre VO : Home

 Edition : Christian Bourgeois (2012)

 Genre : Littérature contemporaine

 Mon ressenti : tresbonnelecture

Quatrième de couverture :

Toni Morrison nous plonge dans l’Amérique des années 1950.

Livre lu dans le cadre des matches de la rentrée littéraire de Priceminister, merci beaucoup ! 🙂 Pour l’acheter, c’est par .

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Louise Erdrich – Ce qui a dévoré nos cœurs

 Titre VO : The painted drum

 Édition : Le livre de Poche (2010)

 Genre : Contemporaine

 Ressenti : tresbonnelecture

Merci beaucoup au Livre de Poche et à Livraddict pour cette découverte !

Quatrième de couverture :

Chargée de procéder à l’inventaire d’une demeure du New Hampshire, Faye Travers remarque parmi une étonnante collection d’objets indiens du XIXe siècle un tambour rituel très singulier. Émue et troublée cet instrument, elle se prend à l’imaginer doté d’un étrange pouvoir : celui de battre au rythme de la douleur des êtres, comme en écho à la violente passion amoureuse dont il perpétue le souvenir…

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Harper Lee – Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur

 Titre VO : To kill a mockingbird

 Auteur : Harper Lee

 Edition : Le livre de Poche (2006)

 Genre : Contemporain

 Mon ressenti :lectureagreable

  Quatrième de couverture :

Dans une petite ville d’Alabama, au moment de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Homme intègre et rigoureux, cet avocat est commis d’office pour défendre un Noir accusé d’avoir violé une Blanche. Ce bref résumé peut expliquer pourquoi ce livre, publié en 1960 – au cœur de la lutte pour les droits civiques -, connut un tel succès. Il ne suffit pas en revanche à comprendre comment ce roman est devenu un livre culte aux États-Unis et dans bien d’autres pays. C’est que, tout en situant son sujet en Alabama à une époque bien précise – les années 1930 -, Harper Lee a écrit un roman universel sur l’enfance confrontée aux préjugés, au mensonge, à la bigoterie et au mal. Racontée par Scout avec beaucoup de drôlerie, cette histoire tient du conte, de la court story américaine et du roman initiatique. Couronné par le Prix Pulitzer en 1961, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur s’est vendu à plus de 30 millions d’exemplaires dans le monde entier.

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Jeffrey Archer – Kane et Abel

 Titre VO : Kane et Abel

  Auteur : Jeffrey Archer

  Edition : Le livre de Poche (2012)

  Genre : Littérature contemporaine

  Appréciation : tresbonnelecture

  Quatrième de couverture :

Ils sont nés le même jour et pourtant tout les sépare : William Kane et Abel Rosnovski, le fils de banquier de Boston et l’orphelin polonais recueilli par un paysan.
A leur naissance, le 18 avril 1906, l’un paraît promis à la réussite et à la puissance du Nouveau Monde. L’autre semble condamné à la misère et aux désastres qui ravagent le Vieux Continent. Mais le destin va réunir ces deux hommes dans une lutte acharnée pour l’argent et le pouvoir, où chacun sait qu’il ne pourra y avoir qu’un gagnant… Durant plus de six décennies, c’est au prix d’une rivalité sans merci que tous deux vont construire un empire, par-delà les crises économiques, les soubresauts de l’histoire et les drames personnels.
Au coeur de l’Amérique du XXe siècle, cette odyssée magistrale réinvente le mythe immémorial des jumeaux ennemis.

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Jonas Jonasson – Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire

  Titre VF : Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire

  Titre VO : Hundraåringen som klev ut genom fönstret (och försvann)

  Auteur : Jonas Jonasson

  Edition : Pocket 2012

   Genre : Road-Policier, Humour

tresbonnelecture

  Quatrième de couverture :

Le jour de ses cent ans, alors que tous les notables de la ville l’attendent pour célébrer l’événement, Allan Karlsson s’échappe par la fenêtre de sa maison de retraite quelques minutes avant le début de la fête organisée en son honneur. Ses plus belles charentaises aux pieds, le vieillard se rend à la gare routière, où il dérobe une valise dans l’espoir qu’elle contienne une paire de chaussures. Mais le bagage recèle un bien plus précieux chargement, et voilà comment Allan se retrouve poursuivi par la police et par une bande de malfrats… Commence alors son incroyable cavale à travers la Suède, mais aussi, pour le lecteur, un étonnant voyage au coeur du XXe siècle, au fil des événements majeurs auxquels le centenaire Allan Karlsson, génie des explosifs, a été mêlé par une succession de hasards souvent indépendants de sa volonté.

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Marcus Zusak – La voleuse de livres

  Titre VF : La voleuse de livres

  Titre VO : The book thief

  Auteur : Marcus Zusak

  Edition : Pocket (2008)

  Genre : Historique, Drame

 

Quatrième de couverture :

Leur heure venue, bien peu sont ceux qui peuvent échapper à la Mort. Et, parmi eux, plus rares encore, ceux qui réussissent à éveiller Sa curiosité. Liesel Meminger y est parvenue. Trois fois cette fillette a croisé la Mort et trois fois la Mort s’est arrêtée. Est – ce son destin d’orpheline dans l’Allemagne nazie qui lui a valu cet intérêt inhabituel ou bien sa force extraordinaire face aux événements ? A moins que ce ne soit son secret… Celui qui l’a aidée à survivre. Celui qui a même inspiré à la Mort ce si joli surnom : la Voleuse de livres…

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Jonathan Safran Foer – Extrêmement fort et incroyablement près

 

  Titre VF : Extrêmement fort et incroyablement près

  Titre VO : Extremely loud and incredibly close

  Auteur : Jonathan Safran Foer

  Edition : L’Olivier (2006)

  Genre : Contemporain

 

 

Quatrième de couverture :

Oskar Schell est inventeur, entomologiste, épistolier, francophile, pacifiste, consultant en informatique, végétalien, origamiste, percussionniste, astronome, collectionneur de pierres semi-précieuses, de papillons morts de mort naturelle, de cactées miniatures et de souvenirs des Beatles. Il a neuf ans. Un an après la mort de son père dans les attentats du 11 septembre, Oskar trouve une clé. Persuadé qu’elle résoudra le mystère de la disparition de son père, il part à la recherche de la serrure qui lui correspond. Sa quête le mènera aux quatre coins de New York, à la rencontre d’inconnus qui lui révéleront l’histoire de sa famille. Après le choc de Tout est illuminé, cet étonnant objet littéraire et typographique explore à nouveau, mais sur un autre registre, les chemins d’une mémoire à jamais perdue. Quand tout a été oublié, il ne reste plus qu’à inventer.

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Katarina Mazetti – Le mec de la tombe d’à côté

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 Titre VF : Le mec de la tombe d’à côté

  Titre VO : Grabben i graven bredvid

  Auteur : Katarina Mazetti

  Edition : Babel (2009)

  Genre : Contemporain

  Quatrième de couverture :

Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son mari, qui a eu le mauvais goût de mourir trop jeune. Bibliothécaire et citadine, elle vit dans un appartement tout blanc, très tendance, rempli de livres. Au cimetière, elle croise souvent le mec de la tombe d’à côté, dont l’apparence l’agace autant que le tape-à-l’œil de la stèle qu’il fleurit assidûment. Depuis le décès de sa mère, Benny vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre vaches laitières. Il s’en sort comme il peut, avec son bon sens paysan et une sacrée dose d’autodérision. Chaque fois qu’il la rencontre, il est exaspéré par sa voisine de cimetière, son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie. Un jour pourtant, un sourire éclate simultanément sur leurs lèvres et ils en restent tous deux éblouis… C’est le début d’une passion dévorante. C’est avec un romantisme ébouriffant et un humour décapant que ce roman d’amour tendre et débridé pose la très sérieuse question du choc des cultures.

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Glen Duncan – Moi, Lucifer

Couverture Moi, Lucifer

  Titre VF : Moi, Lucifer

  Titre VO : I, Lucifer

  Auteur : Glen Duncan

  Edition : Denoel (2011)

  Genre : Contemporain et un chouilla de fantastique

Quatrième de couverture :

  Prisonnier ( par la volonté de Dieu ) du corps d’un écrivain fraîchement suicidé et chichement membré, Moi, Lucifer, Ange Déchu, Porteur de Lumière, Prince des Ténèbres, de l’Enfer et de ce Monde,Seigneur des Mouches, Père du Mensonge, Suprême Apostat, Tentateur, Antique Serpent, Séducteur, Accusateur, Tourmenteur, Blasphémateur et, sans contestation possible, Meilleur Coup de l’Univers Visible et Invisible ( demandez donc à Eve, cette petite garce ), j’ai décidé-Ta-daaah !-de tout dire.
Tout ? Presque. Le funk. Le swing. Le boogie. Le rock.
C’est moi qui ai inventé le rock. Si vous saviez tout ce que j’ai inventé : la sodomie, bien sûr, la fumette, l’astrologie, l’argent…Bon, on va gagner du temps : tout, absolument tout ce qui vous empêche de penser à Dieu. C’est-à-dire à peu près tout ce qui existe.

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Joshua Ferris – Le pied mécanique

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Titre VF : Le pied mécanique

Titre VO : The Unnamed

Auteur : Joshua Ferris

Edition : JC Lattès (2011)

Genre : Contemporain

Quatrième de couverture :

Tim Farnsworth a tout pour être heureux : il aime sa femme, sa famille, son travail, sa maison. Mais un jour, il se lève et s’en va.
Il marche sans pouvoir s’arrêter. Ces crises mystérieuses peuvent durer quelques semaines ou quelques années. Alors Tim perd tout ce qui lui semblait à jamais acquis : un présent heureux, un avenir serein, toutes ses certitudes. Pour combattre ce mal qui grignote sa vie, ses passions, son âme, il doit renoncer à ce qu’il croyait être et accepter l’inconnu.

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